Jean-Pierre Hansen, Laurent Levaux et Bernard Thiry deviennent administrateurs de Nethys. Personne ne les attendait là. Mais après consultations, le gouvernement wallon a sorti de son chapeau ce trio de manager de haut vol pour remplacer au pied levé les administrateurs démissionnaires de Nethys.
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Jean-Pierre Hansen, Laurent Levaux et Bernard Thiry deviennent administrateurs de Nethys. Personne ne les attendait là. Mais après consultations, le gouvernement wallon a sorti de son chapeau ce trio de manager de haut vol pour remplacer au pied levé les administrateurs démissionnaires de Nethys. On ne présente plus Jean-Pierre Hanssen tant le monde politique a fait appel à lui ces dernières années pour régler différentes problématiques. On pense ici à la délicate question du RER ou encore la future reconversion du site de Caterpillar. Il a aussi succédé à feu Philippe Maystadt à la présidence de l'Académie de recherche et d'enseignement supérieur (Ares). Une fin de carrière qui n'en finit pas et qui commence de plus en plus à ressembler à celle d'un Etienne Davignon, en tant qu'homme à tout faire du monde politique et économique belge. Cet ingénieur en électromécanique de l'université de Liège a fait la principale partie de sa carrière chez Electrabel. Il en a été l'administrateur délégué et le président du conseil d'administration. Il a été aussi un des hommes forts du groupe GDF Suez. Laurent Levaux est un McKinsey boy. Avant de devenir président du conseil d'administration d'Aviapartner (poste qu'il occupe toujours), il a dirigé le bagagiste pendant huit ans. Aujourd'hui, il est aussi administrateur notamment de Proximus, bpost, FN Herstal. Durant sa carrière, il a travaillé pour CMI, Cockerill Sambre et ABX Logistics. Enfin, Bernard Thiry est l'ancien numéro un de l'assureur Ethias. Aujourd'hui, il préside le conseil d'administration de Resa, gestionnaire de réseau et filiale active dans la distribution de gaz et d'électricité d'Enodia. Ces trois managers cumulent ensemble une longue expérience professionnelle au plus haut niveau. Une expérience qui leur sera précieuse vu leur mission. Celle-ci n'est pas impossible mais elle demandera doigté et persévérance pour démêler la bobine de fil entremêlée autour du dossier Nethys-Enodia. Leur première tâche consistera à se séparer du comité de direction de l'entreprise (Stéphane Moreau, Pol Heyse, Jos Donvil, Bénédicte Bayer et Frederic Vandeschoor) et à avaliser les conditions de ces départs. Leur deuxième besogne sera de dénicher de nouveaux directeurs pour continuer à gérer l'entreprise et ses filiales. Vient ensuite le gros de la mission : faire toute la lumière sur les dernières opérations réalisées et/ou envisagées par l'ancien CA dans le cadre du plan stratégique que Nethys avait élaboré avec le cabinet-conseil McKinsey. A noter que leur désignation n'a pas été unanimement saluée. Même si tout le monde leur reconnaît une grande capacité professionnelle, certains pointent aussi leurs liens avec des acteurs ou des actifs du groupe dans la tourmente qu'ils doivent gérer aujourd'hui. Avant d'être désigné administrateur de Nethys, Laurent Levaux faisait partie d'un quatuor d'hommes d'affaires qui souhaitaient racheter les éditions de L'Avenir avec l'aide d'IPM (groupe de presse déjà propriétaire de La Libre et La DH). Et Aviapartner est un prestataire de service à l'aéroport de Liège dont Nethys est actionnaire. Quant à Bernard Thiry, outre le fait qu'il préside Resa, il a été cité dans l'affaire de la pergola, relative à un contrat d'assurance antidaté au profit de Stéphane Moreau. La justice l'avait toutefois blanchi dans ce dossier. Par Jérémie Demeyer.