Le ministre Alexander De Croo (Open Vld), en charge des télécoms, souhaite attirer un quatrième opérateur mobile qui jouerait le rôle de challenger et tirerait les prix vers le bas. L'IBPT, le régulateur des télécoms, a confié à nos collègues de L'Echo qu'un acteur étranger a montré des signes d'intérêt dans ce sens. Le ministre compte profiter de la prochaine mise aux enchères de fréquences mobiles, qui inclut notamment de nouvelles fréquences 5G, pour réaliser cette opération.
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Le ministre Alexander De Croo (Open Vld), en charge des télécoms, souhaite attirer un quatrième opérateur mobile qui jouerait le rôle de challenger et tirerait les prix vers le bas. L'IBPT, le régulateur des télécoms, a confié à nos collègues de L'Echo qu'un acteur étranger a montré des signes d'intérêt dans ce sens. Le ministre compte profiter de la prochaine mise aux enchères de fréquences mobiles, qui inclut notamment de nouvelles fréquences 5G, pour réaliser cette opération. Encore faudra-t-il convaincre un opérateur de se lancer dans cette coûteuse opération. Le déploiement d'un réseau mobile suppose en effet des investissements conséquents. Tout d'abord dans l'achat des fréquences mobiles, qui devraient rapporter 700 millions d'euros, d'après les estimations du ministre. Mais aussi dans le matériel et le personnel nécessaires pour créer un nouveau réseau couvrant l'ensemble du territoire belge. Sans parler des difficultés administratives que rencontrent les opérateurs lors de l'installation de nouvelles antennes dans les zones densément peuplées. En particulier à Bruxelles, où les normes d'émission pour les technologies mobiles (3G, 4G, 5G, etc.) sont parmi les plus strictes d'Europe. L'opération imaginée par Alexander De Croo souffre d'un autre défaut : elle ne répond pas aux véritables maux du marché belge des télécoms. Ce dernier est caractérisé par un duopole d'acteurs, Proximus d'un côté et les câblo-opérateurs (VOO et Telenet) de l'autre, qui règnent sans partage sur les offres convergentes, ces offres très populaires combinant TV, Internet et téléphonie fixe. Résultat : la Belgique peut se targuer d'avoir des offres télécoms fixes parmi les plus chères d'Europe. Cette situation se confirme d'année en année dans les études comparatives avec les pays voisins réalisées par l'IBPT. Tout consommateur attentif remarque également que son opérateur indexe quasiment chaque année les tarifs de son pack triple play. L'arrivée d'un quatrième opérateur mobile ne résoudrait rien. Un nouvel acteur mobile pourrait cependant stimuler la concurrence sur le marché... mobile. Mais force est de constater que la situation est loin d'y être aussi défavorable aux consommateurs que sur le marché du fixe. Les tarifs mobiles belges se situent plus ou moins dans la moyenne européenne. Et, au contraire des prix du fixe, ils ont plutôt connu une phase descendante. D'après une étude récente de la Commission européenne, les tarifs mobiles belges ont diminué de 14 % entre 2016 et 2017. Si l'idée d'Alexander De Croo parvenait malgré tout à se concrétiser et qu'un nouvel opérateur mobile apparaissait subitement en Belgique, cette tendance à la baisse pourrait sans doute se renforcer. Mais si rien ne change du côté des offres fixes, votre facture télécoms ne risque pas de s'alléger.