Quelques mois après la disparition de Paul Bocuse, Joël Robuchon est décédé le 6 août à Genève des suites d'un cancer du pancréas. Il avait 73 ans. Trente-huit établissements disséminés dans le monde entier portent son nom : des 11 versions de son Atelier de Joël Robuchon aux salons de thé et aux restaurants gastronomiques (5) en passant par des bars à cocktails et même, dernièrement à Paris, une pâtisserie/bar à sakés, témoin de l'amour profond qu'il vouait au Japon. En tout, ces établissements e...

Quelques mois après la disparition de Paul Bocuse, Joël Robuchon est décédé le 6 août à Genève des suites d'un cancer du pancréas. Il avait 73 ans. Trente-huit établissements disséminés dans le monde entier portent son nom : des 11 versions de son Atelier de Joël Robuchon aux salons de thé et aux restaurants gastronomiques (5) en passant par des bars à cocktails et même, dernièrement à Paris, une pâtisserie/bar à sakés, témoin de l'amour profond qu'il vouait au Japon. En tout, ces établissements emploient 1.200 personnes pour un chiffre d'affaires de plusieurs centaines de millions d'euros. Joël Robuchon était un chef mais pas un homme d'affaires. Il n'a jamais négocié un contrat et ne gérait pas ses restaurants. Il avait toujours su bien s'entourer pour se concentrer sur la cuisine. Ainsi, les adresses étrangères ont été ouvertes sous licence avec des investisseurs ou des partenaires professionnels comme MGM à Las Vegas. Robuchon élaborait la carte, choisissait les équipes et le décor mais il ne fixait pas les prix. Il s'engageait à passer régulièrement. En échange de quoi, il recevait une redevance sur le chiffre d'affaires du restaurant avec un minimum garanti. Dernièrement, très affaibli par la maladie, il avait conclu un partenariat avec Aerium, un fonds anglo-luxembourgeois pour créer une nouvelle société, JR International, détentrice de la marque et des licences dans la plupart des pays. Cette association devait lui permettre de réaliser un vieux rêve : créer une école internationale de cuisine dans une ancienne Maison-Dieu à Montmorillon. Meilleur ouvrier de France en 1976, Robuchon décroche ses deux premières étoiles en tant que chef cuisinier de l'Hôtel Nikko à Paris en 1978. La troisième viendra en 1984 dans son propre établissement, le Restaurant Jamin en 1984. Sacré cuisinier du siècle par Gault & Millau en 1990, il surprend le monde entier six années plus tard en quittant la restauration et en rendant ses étoiles. Il s'installe alors en Espagne et prend le temps de vivre tout en écrivant des livres, animant des émissions de télé avec le producteur Guy Job (qui deviendra son associé) et en participant à des projets de l'industrie agro-alimentaire avec Fleury-Michon et Carrefour. Les tapas locales lui donnent l'idée des Ateliers. Le premier ouvre en 2003. Les petites assiettes font merveille et la course aux étoiles redémarre dans le monde entier...