Les Etats-Unis ont commencé à imposer des droits de douane supplémentaires sur 34 milliards de dollars de produits chinois et la Chine a riposté immédiatement sur 50 milliards d'importations américaines. Du coup, le président Trump menace d'étendre la hausse des tarifs douaniers à... l'intégralité des importations chinoises aux States (500 milliards). Cela alors que depuis fin juin, les Etats-Unis taxent déjà les importations d'acier et d'aluminium européens, enclenchant la riposte du Vieux Continent sur les bourbons, les Harley-Davidson ou les jeans... suscitant la colère de Washington qui menace les importations de voitures européennes. Dieu, que la guerre commerciale est jolie !

Nous sommes entrés dans l'escalade que beaucoup craignaient. Et cela ne sera pas sans impact sur l'économie belge, très ouverte sur l'extérieur. La création de valeur à l'exportation occupe plus d'un employé sur trois en Belgique, soit 1.472.000 personnes, rappelle Charlotte de Montpellier, économiste auprès d'ING Belux, dans une récente étude. " La valeur ajoutée belge qui résulte des exportations représente 40 % de l'ensemble de la valeur ajoutée en Belgique ", poursuit l'économiste. Et la moitié de cette richesse créée résulte de la demande de pays en dehors de l'Union européenne. Une baisse de 1 % des exportations vers ces pays aurait donc au minimum un impact de 0,2 % sur notre PIB. Au minimum car, évidemment, une partie de la demande de nos partenaires européens provient d'entreprises qui, elles-mêmes, exportent en dehors de l'Union. Bref, une guerre commerciale mondiale ne sera certainement pas sans conséquence chez nous.

1,472 million

d'employés belges créent de la valeur à l'exportation et seraient donc touchés par une guerre commerciale mondiale.