Dans ce système, aucune nouvelle action n'est émise lors de l'introduction en Bourse. Les actionnaires historiques et les employés de la société pouvaient donc vendre directement leurs titres. Avantages du système ? Ne pas émettre de dette mais aussi économiser sur certains coûts comme les road shows pour convaincre les investisseurs ou les commissions versées aux banques d'affaires accompagnantes. Daniel Ek justifie ce choix par le fait que Spotify n'a pas besoin d'argent frais. Il ne s'est pas non plus rendu à New York pour faire sonner la cloche comme c'est la tradition. Défaut du système ? Le cours de l'action est défini par le NYSE en fonction des ordres d'achat et de vente, et cela rend donc l'entrée en Bourse assez imprévisible. L'absence de lock-up qui empêche la revente rapide par les nouveaux acheteurs entraîne une forte volatilité du cours dans les premiers jours. Le prix de l'action a donc varié le premier jour de 132 dollars (prix de référence) à 165,90 au plus fort de la journée, pour retomber à 149,01 à la clôture. Cela valorise Spotify à près de 30 milliards de dollars, soit trois fois plus que lors du dernier tour de table de 2015. Et fait de l'entreprise suédoise la troisième plus grosse introduction en Bourse dans le secteur technologique après Alibaba et Facebook.

Cette introduction réussie semble indiquer la confiance des investisseurs dans une société qui a perdu près de 3 milliards d'euros ces cinq dernières années. Mais avec un chiffre d'affaire de 4 milliards en 2017 et 71 millions d'abonnés payants, Spotify est de loin le plus grand service de streaming musical. L'augmentation de cette base d'abonnés lui a permis de renégocier ses contrats avec les majors et d'améliorer sa rentabilité. Spotify table sur 96 millions d'abonnés à la fin de cette année.

Par Xavier Beghin.

71 millions

Fin 2017, Spotify comptait 71 millions d'abonnés payants. Depuis deux ans, ce chiffre grimpe de 20 millions chaque année.