Le cas de figure est récurrent. Victime d'une rupture des ligaments croisés du genou, un sportif se dirige automatiquement vers le kiné qui lui assure le retour sur le terrain le plus rapide possible. " On ne peut plus travailler comme ça, au feeling, s'insurge Séverine Abellaneda, qui prône la prévention. On doit comprendre la physiologie. Pour moi, ce type de rupture nécessite plusieurs mois de suivi direct ainsi qu'une période de suivi virtuel pour retrouver le niveau d'avant lésion. " La docteur en kinésithérapie à la Clinique du sport du CHR de Soignies sait de quoi elle parle. Elle traite en permanence une vingtaine de déchirures des ligaments. Et depuis trois ans, elle se fait aider par SpartaNova.
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Le cas de figure est récurrent. Victime d'une rupture des ligaments croisés du genou, un sportif se dirige automatiquement vers le kiné qui lui assure le retour sur le terrain le plus rapide possible. " On ne peut plus travailler comme ça, au feeling, s'insurge Séverine Abellaneda, qui prône la prévention. On doit comprendre la physiologie. Pour moi, ce type de rupture nécessite plusieurs mois de suivi direct ainsi qu'une période de suivi virtuel pour retrouver le niveau d'avant lésion. " La docteur en kinésithérapie à la Clinique du sport du CHR de Soignies sait de quoi elle parle. Elle traite en permanence une vingtaine de déchirures des ligaments. Et depuis trois ans, elle se fait aider par SpartaNova. Spin-off de l'Université de Gand et la VUB, Spartanovaa été créée en 2010. Son but ? Proposer une série de tests physiques qui révèlent les points forts et les faiblesses des sportifs de tous niveaux et de tous âges dans le but de prévenir des blessures ou de les guérir. " Après des années de recherches, nous avons estimé qu'il était temps que celles-ci soient mises à disposition des sportifs, raconte le CEO, Piet De Coster. Elles se traduisent sous forme d'exercices relayés par SpartaNova pour renforcer les points faibles. " Actuellement, 200 professionnels possèdent le logiciel, la même licence étant parfois utilisée par une quarantaine de personnes. SpartaNova s'exporte aussi : dans nos pays voisins, mais également en Italie, Autriche, Suisse, Turquie, Chine et Australie, et peut-être bientôt en Russie, en cours de négociation. " Les intérêts financiers sont tels que les grands sportifs sont devenus des capitaux, ajoute Piet De Coster. Ce genre d'outil devient indispensable. Mais je n'oublie pas non plus qu'un des objectifs de SpartaNova est d'aider les personnes âgées en leur montrant comment être le plus actif possible. " " Le programme informatique conseille un certain nombre de tests, puis traduit les résultats de ceux-ci sous forme de graphiques, ce qui facilite la lecture ", explique Séverine Abellaneda. La kiné a pris l'habitude de filmer ses patients en plein exercice afin d'analyser la position des membres en mouvement. Elle communique alors ses évaluations à Spartanova. Assemblées, ces évaluations sont traduites en chiffres et en graphiques par la plateforme. Prenons l'exemple concret d'une jeune patineuse qui se plaint de maux de dos récurrents. Lus par SpartaNova, les tests indiquent une stabilité générale de plus de 80 %, ce qui est positif, mais seulement 30 % de force dans les quadriceps. La plateforme propose alors un programme pour renforcer les quadriceps afin d'éviter que la patineuse ne compense cette faiblesse en sollicitant son dos à l'excès. " Il est important de différencier les classes d'âge, précise Séverine Abellaneda. Un enfant de moins de huit ans ne sera pas pris en charge comme un adolescent. " De même, l'intensité et le type de pratique ont également de l'importance. Actuellement, l'utilisation de SpartaNova convient à plus de 25 sports, tels que le football, le rugby, le basket, le ski, la course ou l'escrime. " Les programmes proposés par la plateforme se basent uniquement sur ce qui a été démontré dans des articles scientifiques. Or, la science n'a pas travaillé sur tous les sports. " Séverine Abellaneda considère SpartaNova comme un outil idéal pour faire évoluer sa profession : " Sans cette plateforme, le kiné risque d'oublier des tests validés par la littérature scientifique ou de passer à côté des nouveaux ". L'investissement financier que l'outil représente peut néanmoins s'avérer un frein, de même que l'implication qu'il exige : " Cela prend un temps fou de l'utiliser parce qu'il faut être très précis et en alerte par rapport à la pathologie et à la neurologie. Mais ça paie... ", explique encore la kiné.