Vous vous dites en colère

Oui, nous sommes en colère car les hôtels, à l'inverse des restaurants et cafés, n'ont jamais été obligés de fermer, mais ils sont quasiment tous vides. Depuis le confinement, ils ont perdu au moins 90% de leur chiffre d'affaires chaque mois. Dans HORECA, il y a bien le "HO" de hôtels, et pourtant, nous nous sentons complètement oubliés. Avec l'assouplissement des mesures en juin, juillet et août, les restaurants se sont à nouveau remplis, mais les hôtels sont restés vides. La crise a des conséquences terribles sur le tourisme et sur les voyages d'affaires. Nous pensions pouvoir retrouver une occupation de 40 à 50% en septembre pour l'ensemble du...

Oui, nous sommes en colère car les hôtels, à l'inverse des restaurants et cafés, n'ont jamais été obligés de fermer, mais ils sont quasiment tous vides. Depuis le confinement, ils ont perdu au moins 90% de leur chiffre d'affaires chaque mois. Dans HORECA, il y a bien le "HO" de hôtels, et pourtant, nous nous sentons complètement oubliés. Avec l'assouplissement des mesures en juin, juillet et août, les restaurants se sont à nouveau remplis, mais les hôtels sont restés vides. La crise a des conséquences terribles sur le tourisme et sur les voyages d'affaires. Nous pensions pouvoir retrouver une occupation de 40 à 50% en septembre pour l'ensemble du secteur en région bruxelloise, ce qui n'a jamais pu être atteint en raison de la deuxième vague du virus. La même tendance s'observe dans les autres grandes villes du pays. La perte pourrait même atteindre 95% en octobre. C'est dramatique !Nous n'avons pas de réponse claire sur ces aides. Nous voulons a minima être considérés sur le même pied d'égalité que les restaurants et les cafés et pouvoir bénéficier des aides pour les hôtels qui sont fermés de facto tout comme pour ceux qui restent ouverts mais sont vides. La crise que nous traversons est longue, elle dure depuis 7 mois. Nous n'avons aucune perspective et nous continuons à avoir des frais fixes importants. De mi-mars à août, sur les 160 hôtels à Bruxelles, la moitié était fermé. 80% de nos travailleurs sont en chômage technique. Même si les hôtels restent ouverts, ils encaissent 95% d'activité en moins. Ils sont peu aidés: ils n'ont pu compter jusqu'ici que sur une compensation régionale de 200 euros par chambre et par mois. Cette somme ne leur a d'ailleurs pas encore été versée.En effet, mais vu le peu de nuitées comptabilisés, cette mesure n'a pas beaucoup d'impact. Il faut lever le malentendu qui laisse croire que si les hôtels dépendent d'une grande chaine comme Mercure, Hilton, Radisson,... ils sont plus solides financièrement. Ce n'est absolument pas le cas. Il faut savoir que ces enseignes internationales sont des marques auxquelles les hôtels sont affiliés ou franchisés mais elles ne possèdent pas, dans la majorité des cas, les hôtels dont les sociétés d'exploitation sont, de toutes façons, belges.Oui, s'il faut passer par la fermeture pour bénéficier des aides. Nous dénonçons ce traitement inéquitable dans le secteur. Pour nous, c'est la double peine. Nous voulons mettre ce débat sur la table. Octroyons à tous les hôtels les mêmes mesures de soutien que les bars et restaurants. Il est illogique que les aides n'aillent qu'aux établissements obligés de fermer. Préserver les hôtels bruxellois, c'est préserver son rôle à l'international. La question ne s'est pas encore posée concrètement mais, c'est tout à fait possible. Certains hôtels ont déjà été réquisitionnés lors de la première vague pour accueillir des patients mais aussi du personnel soignant qui devait rester en quarantaine, isolés de leurs proches. On est prêts à accueillir des patients qui ne peuvent plus rester à l'hôpital mais qui doivent encore recevoir des soins ou ceux qui attendent d'être pris en charge, si la région de Bruxelles nous le demande.