"Oui, nous récupérerons des clients de Thomas Cook l'été prochain", a estimé le directeur marketing de Ryanair, Kenny Jacobs, devant la presse à Londres. "Nous ne serons pas le grand gagnant parce que EasyJet est plus gros que nous" sur les destinations qui étaient desservies par le voyagiste, a-t-il cependant jugé. D'après M. Jacobs, il est trop tôt pour évaluer l'apport en terme de chiffre d'affaires car tout dépendra de l'évolution des tarifs, tirés vers le bas en Europe par une féroce concurrence.

Le directeur marketing a précisé en outre que Ryanair "n'était pas intéressé par l'acquisition d'actifs de compagnies aériennes", que ce soit ceux de Thomas Cook ou des françaises Aigle Azur et XL Airways, qui viennent également de faire faillite.

Le responsable de Ryanair a surtout défendu l'idée d'une réglementation plus stricte des compagnies aériennes au Royaume-Uni pour détecter au plus tôt les problèmes financiers et éviter des opérations de rapatriement complexes et coûteuses comme celle lancée pour ramener au Royaume-Uni 150.000 touristes en vacances avec Thomas Cook. L'autorité britannique de l'aviation civile (CAA) "a fait un très bon travail", auquel Ryanair a pris part, mais "les contribuables britanniques ne devraient pas payer la facture".

En théorie, "cela devrait être du ressort de Thomas Cook et de ses actionnaires", a expliqué M. Jacobs, plaidant pour "la mise en place de nouveaux tests de résistance plus robustes" sur une base trimestrielle, et non annuelle. Il avait déjà évoqué cette idée lors d'une conférence de presse à Bruxelles jeudi dernier.

"Si une compagnie aérienne est faible financièrement, ses actionnaires et elle devraient être forcés par la CAA de mettre de l'argent de côté pour couvrir le coût de rapatriement des clients s'ils en arrivent là", selon lui. "S'ils ne peuvent pas faire cela, alors il faut leur dire que leur autorisation d'exercer sera examinée", a-t-il poursuivi, ajoutant avoir déjà eu de premières discussions sur le sujet avec la CAA.

M. Jacobs a par ailleurs confirmé que les reports de livraison du Boeing 737 Max, dont la flotte est clouée au sol après deux accidents mortels, allaient entraîner la fermeture de bases cet hiver et à l'été 2020 et qu'"il pourrait y avoir des licenciements dans les mois qui viennent", le transporteur parlant d'"un excès de 500 pilotes".

Une fois ces fermetures actées, il n'a pas exclu d'embaucher du personnel, y compris des anciens de Thomas Cook. ""Au cours des 12 à 18 prochains mois, entre les personnels de cabine, les personnels au sol, les ingénieurs, les pilotes, je suis absolument sûr qu'il y en aura certains pour dire 'Je travaille pour Ryanair et avant je travaillais pour Thomas Cook'".