Se sentant mises à l'écart par la direction, les organisations syndicales "quittent la table des négociations", ont-elles fait savoir mardi. Alors qu'elles pensaient continuer à négocier lundi pour éviter tout licenciement sec ou à tout le moins s'entendre sur des critères, la direction les a informés qu'elle avait déjà envoyé au SPF Emploi sa liste des personnes concernées par le plan social.

La CNE et le Setca regrettent l'accord négocié entre la direction et l'AJP sur un maximum de quatre départs forcés, tandis qu'elles ont "sans cesse poursuivi l'objectif zéro licenciement sec".

En décembre, la direction du média qui fait partie du groupe Nethys et les syndicats s'étaient accordés sur le départ de 45 équivalents temps plein, dont 31,74 au sein de la rédaction. D'après la direction, il était clair depuis le début que les licenciements secs étaient exclus uniquement si l'objectif de 45 départs volontaires était atteint, ce que contestent les représentants de l'AJP mais pas le front syndical CNE-Setca.

Pour ce dernier cependant, tout laissait à croire que le nombre de candidats serait suffisant. "Malheureusement, de nombreuses interférences au sein de l'entreprise ont créé un climat de méfiance et de suspicion auprès des candidats potentiels aux départs volontaires", affirme-t-il.

"Les syndicats ont fait une erreur en pensant qu'il y aurait suffisamment de candidats, mais ils ne veulent pas le reconnaître", commente de son côté Didier Malempré, délégué de l'AJP.

L'engagement de la direction à respecter les conventions spécifiques aux journalistes, obtenu grâce à l'AJP, a permis d'augmenter le nombre de départs volontaires, d'après lui. L'accord négocié ce week-end a d'ailleurs été applaudi lors de sa présentation au personnel lundi en assemblée générale, relève celui qui est aussi représentant CNE mais avoue ne pas comprendre l'attitude des syndicats. "On tire tous dans le même sens. Personne ne voulait de licenciement collectif. C'est une querelle de bac à sable."