"Je m'interroge sur l'origine de ce type d'information, cela n'a aucun lien avec la réalité ", avance Jean-Dominique Senard, de passage à Bruxelles, au Salon de l'Auto, ce lundi 13 janvier. Il démentait un article du Financial Times du jour même, parlant d'un projet de divorce à l'étude, chez Nissan, de l'Alliance avec Renault, qui possède 43% du constructeur japonais. Les deux maisons ont lié leur sort voici plus de 10 ans, en partageant moteurs et plateformes. L'Alliance a été élargie à Mitsubishi.
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"Je m'interroge sur l'origine de ce type d'information, cela n'a aucun lien avec la réalité ", avance Jean-Dominique Senard, de passage à Bruxelles, au Salon de l'Auto, ce lundi 13 janvier. Il démentait un article du Financial Times du jour même, parlant d'un projet de divorce à l'étude, chez Nissan, de l'Alliance avec Renault, qui possède 43% du constructeur japonais. Les deux maisons ont lié leur sort voici plus de 10 ans, en partageant moteurs et plateformes. L'Alliance a été élargie à Mitsubishi. "Je ne suis pas absolument certain que cette sortie soit motivée par la bienveillance, ajoute doucement le président de Renault. Aucun dirigeant de nos trois groupes ne doute de l'utilité de l'Alliance pour que nos trois entreprises progressent. C'est très simple : nous n'avons pas le choix." La raison et la logique des économies d'échelle poussent les trois constructeurs, qui produisent 10,7 millions de véhicules par an, dont 3,7 millions pour Renault (chiffres 2018), à relancer leur collaboration. Ce n'est qu'un épisode dans une longue suite de rebondissements depuis l'arrestation, en décembre 2019, de Carlos Ghosn, l'ancien PDG de Renault, président de Nissan et de Mitsubishi. Il est accusé par la justice japonaise de diverses malversations qu'il conteste, et a fui fin décembre le Japon pour le Liban. Où il a donné une conférence de presse, en y égratignant la gestion de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi après sa mise à l'écart. La difficulté, pour Jean-Dominique Senard, est que les nouvelles positives concrètes sont encore rares. Pendant plusieurs mois, les groupes Renault et Nissan ont traversé des crises successives. Le CEO de Renault, Thierry Bolloré, a été remercié, un successeur est attendu. Le CEO de Nissan, " tombeur " de Carlos Ghosn, Hiroto Saikawa, a démissionné, et est remplacé par Makato Uchida. Un projet de fusion entre Renault et Fiat Chrysler a capoté. Les résultats sont en baisse pour les deux constructeurs, les cours des actions aussi. " Nous ne manquerons pas de démontrer d'ici peu de temps, de manière publique, les progrès accomplis ", rassure Jean-Dominique Senard, qui préside un nouveau conseil opérationnel de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. Fin janvier ou début février, les constructeurs devraient ainsi annoncer l'évolution de la collaboration entre les marques. L'article du Financial Times vient juste ajouter un petit doute dans une période encore instable. Nissan a démenti tout projet de faire cavalier seul. " L'Alliance est la source de notre compétitivité ", précise un communiqué. Un divorce semblerait en effet une opération pénible, longue et coûteuse. " S'il y a des esprits qui pensent cela, ils ne sont pas dans le pouvoir de le mettre en oeuvre ", insiste Jean-Dominique Senard. D'autant que l'évolution des motorisations implique d'énormes investissements. " Il y a le moteur à carburant, remis en question, les moteurs hybrides, de nature différente, les motorisations électriques pures, où Renault et Nissan sont de grands précurseurs, ou encore l'hydrogène. On ne peut développer tout cela seul. " D'autant que l'avenir est nébuleux. " Bienheureux celui qui sait quelles technologies seront dominantes dans 10 ans ! " Pourquoi la relance de l'Alliance a-t-elle tant tardé en 2019 ? " C'était une année compliquée, j'ai dû prendre des dispositions rapidement pour remettre l'Alliance sur les rails, justifie Jean- Dominique Senard, chargeant la barque de son prédécesseur. Elle était dans un état nettement plus mauvais que je l'imaginais. Cela ne datait pas d'il y a deux ou trois mois, mais de deux ou trois ans. Il a fallu recréer un contexte pour que des perspectives heureuses puissent arriver. " Les investisseurs ne demandent qu'à croire Jean-Dominique Senard. ll promet des annonces concrètes. Avec des effets à court terme, des " quick wins ", bien que l'industrie automobile travaille sur des cycles longs. Il présentera " des résultats, des projets et des mises en oeuvre dès cette année, des preuves de la capacité de crédibilité de cette alliance ", assure-t-il.