Manifestement désireux de tourner la page des tensions qui ont miné le partenariat ces derniers mois, M. Senard a assuré qu'il ne briguerait pas ce titre, laissé vacant par l'arrestation de Carlos Ghosn, le 19 novembre à Tokyo pour malversations présumées.

"Je ne demanderai pas à présider Nissan. Je serai candidat au poste de vice-président", a-t-il déclaré à plusieurs reprises lors d'une conférence de presse au siège de Nissan à Yokohama (banlieue de Tokyo). "Vous serez surpris par la rapidité des changements" qui vont survenir, a-t-il ajouté. Il a néanmoins précisé que l'accord dit "Rama" (Restated Alliance Master Agreement), qui définit les rapports entre Renault et Nissan, ne serait pas modifié: "il reste en place tel qu'il est", a-t-il assuré, réfutant tout problème concernant l'actionnariat.

Renault détient 43% de Nissan qui en retour possède 15% de Renault, mais sans droit de vote, une répartition qui apparaît déséquilibrée aux yeux des Japonais compte tenu des performances de Nissan comparées à celles de Renault. Nissan, au bord de la faillite en 1999 quand Renault est venu à sa rescousse, s'est mué au fil des années en poids lourd du duo, les experts citant ses atouts technologiques et sa forte implantation en Amérique du Nord et en Chine En se concentrant ce jour sur le re-tissage des liens, les trois constructeurs signifient la fin de l'ère Carlos Ghosn, l'omniprésent bâtisseur de l'alliance mis sur la touche après avoir été inculpé par la justice japonaise sur des soupçons d'abus de confiance et minoration de déclarations de revenus. "Nous voulons donner une nouvelle impulsion à l'organisation, en la rendant plus efficace et en en simplifiant la structure", a expliqué la président de Renault.