Ses excuses, savamment préparées avec son équipe d'avocats, étaient attendues. Il faut dire que le scandale déclenché par les révélations autour des agissements de Cambridge Analytica, la sulfureuse société partenaire de Facebook accusée d'avoir participé à la manipulation des élections américaines, imposait au CEO de faire profil bas. Après 10 heures d'audition devant les parlementaires américains, voici trois enseignements importants. Engagements fermes ou écran de fumée ? L'avenir le dira.
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Ses excuses, savamment préparées avec son équipe d'avocats, étaient attendues. Il faut dire que le scandale déclenché par les révélations autour des agissements de Cambridge Analytica, la sulfureuse société partenaire de Facebook accusée d'avoir participé à la manipulation des élections américaines, imposait au CEO de faire profil bas. Après 10 heures d'audition devant les parlementaires américains, voici trois enseignements importants. Engagements fermes ou écran de fumée ? L'avenir le dira. - Facebook est responsable du contenu. " Nous traversons un grand changement philosophique au sein de la société ", a déclaré le CEO. Jusqu'à présent, la plateforme se gardait bien d'assumer toute responsabilité concernant le contenu publié par ses utilisateurs. Une ligne de conduite qui lui permettait de se distancier des agissements haineux et des contenus à caractère extrémiste. Mais les temps changent. Dans son audition, Mark Zuckerberg a reconnu que sa société était " responsable " du contenu qui y est publié. C'est un changement de paradigme. Plus qu'une simple plateforme de partage, Facebook reconnaît être devenu un média à part entière. Le réseau social devra dès lors veiller à mieux contrôler les publications de ses utilisateurs, sous peine de voir sa responsabilité engagée. - L'IA pour modérer le réseau, ça ne marche pas. Si Facebook est prêt à assumer la responsabilité du contenu, l'entreprise a tout intérêt à repérer et supprimer les publications " problématiques ". Outre les fake news qui pullulent sur le réseau, la plateforme doit faire face à une avalanche de contenus haineux, racistes, antisémistes, violents... Pour faire le tri tout en évitant de tomber dans la censure, Facebook comptait beaucoup sur les logiciels d'intelligence artificielle (IA). Mais Mark Zuckerberg a reconnu que cette méthode n'était pas au point. Selon le patron, il faudra compter cinq à 10 ans avant de disposer d'algorithmes performants à même de modérer le réseau social. D'ici la fin de l'année, le CEO a annoncé que son entreprise emploierait jusqu'à 20.000 personnes pour la modération du site. - Facebook accepte la régulation. Mark Zuckerberg a déclaré qu'il n'était pas contre la régulation... avant d'appeler les autorités à agir avec " prudence ". Pour une entreprise qui a toujours contesté devant les tribunaux toute velléité de contrôle de ses agissements, c'est une avancée. Pour rappel, Facebook a toujours considéré que les législations nationales en matière de protection des données ne lui sont pas applicables, en tant qu'entreprise américaine dont le siège européen est situé en Irlande. Lors de son audition, Mark Zuckerberg a même affirmé qu'il se mettrait dans les clous du nouveau règlement européen en matière de protection des données. Une législation qui semble pourtant à 1.000 lieues de la conception de la vie privée développée dans les conditions d'utilisation du réseau social. Affaire à suivre.