Coup de tonnerre dans le ciel de la cité de Jacob van Artevelde. Les Gantois se sont réveillés le week-end dernier avec ce que la presse flamande appelle déjà le " Publifin flamand", à savoir l'affaire Publipart, du nom de ce holding semi-public qui a octroyé de coquettes rémunérations à 17 administrateurs. Ensemble, ces administrateurs ont perçu la somme de 350.000 euros, soit 21.000 euros chacun ou encore 1.600 euros bruts par réunion de Publipart. Parmi eux, le socialiste Tom Balthazar, échevin sp.a (du Développement urbain, de l'Habitat et des espaces v...

Coup de tonnerre dans le ciel de la cité de Jacob van Artevelde. Les Gantois se sont réveillés le week-end dernier avec ce que la presse flamande appelle déjà le " Publifin flamand", à savoir l'affaire Publipart, du nom de ce holding semi-public qui a octroyé de coquettes rémunérations à 17 administrateurs. Ensemble, ces administrateurs ont perçu la somme de 350.000 euros, soit 21.000 euros chacun ou encore 1.600 euros bruts par réunion de Publipart. Parmi eux, le socialiste Tom Balthazar, échevin sp.a (du Développement urbain, de l'Habitat et des espaces verts) et candidat bourgmestre aux prochaines élections communales de 2018 qui, dans la foulée de ces révélations, a immédiatement annoncé sa démission. Filiale de l'intercommunale Publilec, elle-même filiale de l'intercommunale liégeoise Publifin (galaxie Nethys), Publipart aurait en outre investi dans des secteurs douteux comme celui de l'armement pour faire fructifier ses liquidités excédentaires. Et cela, selon Het Laatste Nieuws, via des fonds de placements commercialisés par le gestionnaire d'actifs Candriam (ex-Dexia Asset Management) et la banque BNP Paribas. On parle de 26 millions d'euros. L'affaire est d'autant moins "clean" que parmi les actionnaires de Publipart on retrouve la ville de Gand, le groupe Belfius, la société wallonne d'investissement Socofe et le holding flamand de l'énergie (VEH). Sur le plan politique, ce scandale de cumul de mandats publics grassement rémunérés est bien évidemment désastreux pour le sp.a dans sa ville phare de Gand, déjà affaibli par le départ de son très populaire bourgmestre Daniël Termont depuis la faillite de la banque Optima. A la peine dans les sondages, les socialistes flamands ont également des soucis avec l'ex-bourgmestre de Hasselt, Hilde Claes. A Ostende, l'ancien ministre Johan Vande Lanotte hésite à se présenter aux prochaines élections communales sous la bannière sp.a. A Louvain, c'est avec le départ à la retraite de son emblématique bourgmestre Louis Tobback que le parti doit camper. Le voilà en plus aujourd'hui privé de celui qu'on voyait déjà succéder à l'actuel burgemeester de la deuxième ville de Flandre. C'est le président du CPAS de Gand Ruddy Coddens qui remplacera Tom Balthazar comme tête de liste du cartel sp.a-Groen pour 2018. Mais au-delà de cet " Optima bis ", c'est toute la classe politique flamande qui se voit aujourd'hui éclaboussée par ce système de cumuls de mandats rémunérés, jusqu'à Anvers où nos voisins du Nord apprennent également que l'échevin N-VA Koen Kennis totalise 17 mandats pour 180.000 euros bruts par an. Bref, le président du sp.a John Crombez a appelé tous les partis à publier les mandats et rémunérations de leurs mandataires. Coup de com' pour éteindre le feu au plus vite ou véritable volonté de réformer ? L'avenir le dira.