Lunettes solaires adaptées

En 2013, Isabelle Van Steenkiste cherche des lunettes pour son neveu âgé d'un an et demi, et ne trouve rien qui lui convienne. Elle se rend compte très vite qu'il y a un marché à saisir. Son idée : développer des lunettes solaires pour les tout-petits. Elle se lance et crée la start-up Pyke en février 2015. " J'ai voulu créer un modèle qui gêne le moins possible l'enfant, des lunettes solaires englobantes, explique la fondatrice. Elles se règlent à toutes les têtes, de 3 à 36 mois. La monture est souple et vient se déposer sur le visage pour qu'il n'y ait aucun rayon qui passe sur les côtés. On a scellé un partenariat avec Carl Zeiss pour les verres, une firme qui est 'la Rolls-Royce' dans le milieu de l'optique. " La commercialisation a commencé en avril 2016 au prix de 69 euros. " Ce sont des lunettes que l'enfant peut porter jusqu'à trois ans ", ajoute Isabelle V...

En 2013, Isabelle Van Steenkiste cherche des lunettes pour son neveu âgé d'un an et demi, et ne trouve rien qui lui convienne. Elle se rend compte très vite qu'il y a un marché à saisir. Son idée : développer des lunettes solaires pour les tout-petits. Elle se lance et crée la start-up Pyke en février 2015. " J'ai voulu créer un modèle qui gêne le moins possible l'enfant, des lunettes solaires englobantes, explique la fondatrice. Elles se règlent à toutes les têtes, de 3 à 36 mois. La monture est souple et vient se déposer sur le visage pour qu'il n'y ait aucun rayon qui passe sur les côtés. On a scellé un partenariat avec Carl Zeiss pour les verres, une firme qui est 'la Rolls-Royce' dans le milieu de l'optique. " La commercialisation a commencé en avril 2016 au prix de 69 euros. " Ce sont des lunettes que l'enfant peut porter jusqu'à trois ans ", ajoute Isabelle Van Steenkiste." Très peu de marques pour bébés se lancent sur le marché. C'est généralement vers l'âge de cinq ou six ans qu'apparaissent différents modèles solaires ", explique Quentin Somville, opticien chez Optique Scalliet à Louvain-la-Neuve, et qui propose les lunettes Pyke dans sa gamme. " Ce n'est pas un marché très concurrentiel parce que très peu de marques se sont intéressées à cette niche-là. Un enfant entre zéro et trois ans n'est pas un adulte miniature. Morphologiquement, il est particulier. Les fabricants de lunettes, s'ils voulaient vraiment investir ce marché, devraient réfléchir pour que cela convienne à cette morphologie-là. Nous, on l'a fait ", explique Isabelle Van Steenkiste. " Mais esthétiquement, c'est plus compliqué, nuance Quentin Somville. Il y a une réticence des parents par rapport à la monture. "Originaire du Brabant wallon, Isabelle Van Steenkiste a pourtant fondé sa start-up à Charleroi. " Ma première levée de fonds a été réalisée avec Sambrinvest, explique l'entrepreneuse. J'ai aussi été coachée par Héraclès, qui est une structure d'accompagnement de porteurs de projet à Charleroi (sa société n'a cependant pas été hébergée dans l'incubateur carolo, Ndlr). " Les lunettes, elles, ont été délocalisées dans la Cité ardente. Pyke a en effet fait appel à la société liégeoise Cojema pour la fabrication du produit. " Nos moules de production sont à Liège, poursuit Isabelle Van Steenkiste. On fabrique la monture et on la met en boîte à l'usine. " Après une première levée de fonds d'environ 350.000 euros lors de sa création, Pyke poursuit son développement en clôturant actuellement une seconde levée de capital, dont le montant n'est pas encore connu. Un financement qui va permettre à Isabelle Van Steenkiste de développer un nouveau modèle.Quel que soit l'âge, protéger ses yeux du soleil est très important. Encore plus chez l'enfant. " Ils sont très sensibles, car ils ont des paupières fines. Ils ne sont pas habitués à une forte luminosité, ils ne vont pas la fuir en se mettant à l'ombre ", explique Quentin Somville. Pour l'opticien, il faudrait davantage sensibiliser les parents au port de lunettes de soleil chez les bébés.Aujourd'hui, outre sa présence sur le Web qui lui permet de distribuer ses produits dans plusieurs pays européens, les lunettes Pyke sont vendues en magasin en Belgique, en Grèce et en Suisse. Grâce à sa seconde levée de fonds, la start-up espère investir d'autres marchés. Notamment en Suède. Pour étudier ce marché, Isabelle Van Steenkiste a fait appel à Sébastien Lewy, spécialisé en business development dans le domaine médical, et faisant partie du programme Explort, soutenu par l'Awex (un programme de formations et de stages en commerce international pour des étudiants, ou des diplômés comme Sébastien Lewy, qui aide les entreprises à s'exporter, Ndlr). " La Suède est un pays reconnu pour l'attention portée à la qualité de vie, à la santé, mais également aux activités tournées vers l'extérieur, vers la nature ", explique-t-il. Sébastien Lewy prospectera sur place au mois de mars et avril avec un objectif en tête : être prêt pour l'été. Des négociations sont également en cours avec la chaîne d'opticiens Optic 2000 pour importer les petites lunettes belges en France. Par Justine Leupe et Bastien Pechon.