L'Ondraf est en train de revoir les scénarios d'enfouissement et de gestion des déchets les plus radioactifs, a révélé Le Soir voici quelques jours. Cette révision intervient, et ce n'est pas un hasard, alors que la Commission des provisions nucléaires, l'instance qui définit tous les trois ans les montants des provisions qui doivent être actées par Electrabel, doit se réunir l'an prochain.
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L'Ondraf est en train de revoir les scénarios d'enfouissement et de gestion des déchets les plus radioactifs, a révélé Le Soir voici quelques jours. Cette révision intervient, et ce n'est pas un hasard, alors que la Commission des provisions nucléaires, l'instance qui définit tous les trois ans les montants des provisions qui doivent être actées par Electrabel, doit se réunir l'an prochain. Or, il apparaît que la facture de la gestion des déchets pourrait tripler par rapport aux estimations précédentes, ce qui obligerait Electrabel à revoir fortement à la hausse les provisions dégagées pour gérer ce dossier. Une mauvaise nouvelle pour l'énergéticien belge et sa maison-mère française, Engie. D'abord, une précision : le gouvernement n'a toujours pas pris de décision sur la méthode utilisée pour gérer ces déchets. L'Ondraf fait donc des hypothèses. Toutefois, la plus plausible est celle d'un enfouissement. Le scénario initial tablait sur un enfouissement à 200 mètres de profondeur dans les terres argileuses de la commune de Boom. Mais au début de cette année, le conseil d'administration de l'Ondraf a décidé de revoir sa copie : les autres pays aux prises avec ce problème ont décidé d'un enfouissement bien plus profond, à au moins 400 mètres. La structure et la disposition des galeries dans lesquelles seront stockés les déchets est également revue. Ce n'est que dans une étape ultérieure que l'on verra quelle commune pourra accueillir ce dispositif. Tous ces paramètres influenceront évidemment le montant des investissements, de même que le calendrier. En mars dernier, l'Ondraf estimait pouvoir commencer les travaux en 2070, et en 2110 pour les déchets les plus radioactifs ! Mais il est déjà clair que l'estimation initiale de 3,2 milliards de coûts sera " fortement revue à la hausse ", a confirmé l'organisme. La facture pourrait grimper à 8, voire 10 milliards. L'Ondraf devrait remettre sa nouvelle copie en septembre, qui devra encore être validée par les autorités.