Cela ne sentait plus très bon depuis un petit temps déjà. " Chaque année, on observait des fermetures de points de vente ", souligne Evelyne Zabus, secrétaire permanence à la CNE. La décision qui vient d'être annoncée par Eram est radicale : la chaîne française, qui emploie à ce jour 130 personnes chez nous, va se retirer totalement de Belgique.
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Cela ne sentait plus très bon depuis un petit temps déjà. " Chaque année, on observait des fermetures de points de vente ", souligne Evelyne Zabus, secrétaire permanence à la CNE. La décision qui vient d'être annoncée par Eram est radicale : la chaîne française, qui emploie à ce jour 130 personnes chez nous, va se retirer totalement de Belgique. C'est en octobre dernier que tombent les premières mauvaises nouvelles. Eram annonce alors son intention de licencier 70 travailleurs et de fermer 13 magasins. La procédure Renault est enclenchée, les syndicats tentent de réduire le nombre de licenciements et négocient des départs en prépension. Début décembre, les négociations sont sur le point d'aboutir. " Nous demandons alors à la direction si elle financera bien le plan social, mais elle nous répond qu'Eram Belgique ne peut pas financer un plan de licenciement total ", assure Evelyne Zabus. La procédure Renault est alors gelée et les travailleurs, dans l'incertitude la plus complète, observent une journée de grève à la mi-janvier. La semaine dernière, coup de tonnerre : la chaîne annonce qu'elle fermera finalement tous ses magasins belges et qu'elle va chercher des repreneurs. " C'est du jamais vu, lance la syndicaliste. Ce que nous étions parvenus à négocier, et qui n'était déjà pas mirobolant, est à présent mis entre parenthèses. Et si la chaîne ne trouve pas de repreneurs ? Et si les repreneurs ne reprennent pas le personnel ? " Du côté d'Eram, on affirme que toutes les pistes sont étudiées " afin de sauvegarder le maximum d'emplois et de tenter de maintenir l'enseigne sur le territoire belge ". Comment expliquer cette décision de retrait ? La direction dit être confrontée à " une dégradation rapide et importante de ses résultats ". En octobre déjà, Eram relevait " des pertes financières importantes enregistrées depuis de très nombreuses années, une baisse du chiffre d'affaires, une concurrence accrue et une difficulté de s'adapter à la vente via Internet ". C'est que le marché de la chaussure dans son ensemble est en pleine (r)évolution. Des pure players type Zalando, Sarenza, Spartoo, etc. grignotent des parts de marché et il y a chez nous une offre surabondante dans le créneau des bas prix. C'est simple : on trouve des chaussures abordables partout, même chez les non-spécialistes. Pensez à H&M, Trafic, etc. " Eram n'a pas su s'adapter assez vite à la vente en ligne, ni aux goûts spécifiques de la clientèle belge ", ajoute Evelyne Zabus. Un nom circule déjà pour la reprise de certains points de vente : le groupe wallon Maniet-Luxus. En plein développement, l'entreprise familiale s'apprête à ouvrir neuf nouveaux magasins cette année. Son CEO George Vanderplancke l'affirmait le week-end dernier dans Le Soir : " Eram a deux magasins de périphérie, ça pourrait nous intéresser ". Les points de vente Luxus s'implantent effectivement en périphérie, alors que les Maniet trouvent leur bonheur en centre-ville (dans les department stores Inno) et dans les centres commerciaux. Au siège de l'entreprise, on se veut pourtant plus prudent aujourd'hui. " Une opportunité de marché se présente, mais rien n'est encore fait, insiste-t-on. De plus, il n'est pas dans nos habitudes commerciales d'ouvrir de petits magasins comme ceux d'Eram. "