Interrogé par le journal L'Echo, le Premier ministre Charles Michel a regretté de n'avoir pas été mis dans la confidence. "Mon expérience est que quand une entreprise internationale a une grosse décision positive ou négative à annoncer, elle en informe le gouvernement", a-t-il précisé.

Pourquoi Caterpillar a-t-elle agi de la sorte ? Tout simplement parce que la loi Renault sur les restructurations impose l'information prioritaire du conseil d'entreprise et des travailleurs. "Je conseille le plus souvent aux entreprises de ne pas y déroger, car les sanctions peuvent être énormes, y compris sur le plan pénal", confie Herman Craeninckx, partner chez Stibbe. Manifestement, le Premier ministre et quelques-uns parmi ses collègues n'étaient pas bien au courant de la loi...

Auparavant, les ministres et responsables syndicaux étaient souvent mis dans la confidence. Mais cela ouvrait le risque de fuites dans la presse. Ce fut le cas notamment lors de la fermeture de Renault-Vilvorde, dont le ministre-président flamand de l'époque, Luc Vandenbrande, avait été informé. Les travailleurs avaient alors très peu appréciés d'apprendre leur licenciement par voie de presse. D'où le durcissement des règles. "La loi Renault est très formelle, en tout cas au début de la procédure, reprend Herman Craeninckx. C'est pour cela, par exemple, que, dans un premier temps, on ne peut parler que 'd'intention' de fermeture. Il faut d'abord informer et consulter, avant de prendre la décision. On retrouve une certaine souplesse plus tard, lors de la négociation du plan social."