"Nos concurrents ? Les magasins de bricolage sur une partie de notre assortiment, mais surtout les autres spécialistes du gros oeuvre comme Tout Faire, Gedimat ou, dorénavant, BigMat. " Les responsables du groupe familial wallon Bodymat (400 collaborateurs et 118 millions d'euros de chiffre d'affaires) devront s'y faire. L'enseigne sous laquelle ils ont fait prospérer leur business jusqu'à ce jour devient l'un de leurs principaux concurrent. Ils devraient toutefois s'en remettre rapidement. " Il est vrai que nous serons perdants en termes de force d'a...

"Nos concurrents ? Les magasins de bricolage sur une partie de notre assortiment, mais surtout les autres spécialistes du gros oeuvre comme Tout Faire, Gedimat ou, dorénavant, BigMat. " Les responsables du groupe familial wallon Bodymat (400 collaborateurs et 118 millions d'euros de chiffre d'affaires) devront s'y faire. L'enseigne sous laquelle ils ont fait prospérer leur business jusqu'à ce jour devient l'un de leurs principaux concurrent. Ils devraient toutefois s'en remettre rapidement. " Il est vrai que nous serons perdants en termes de force d'achat, tout comme les 13 BigMat restants, reconnaît Amélie Body, responsable de l'entreprise avec son frère, Arnaud. Mais nous gagnons en autonomie. " BigMat est en fait une chaîne française qui fonctionne selon le principe de la coopérative, appartenant à l'ensemble des propriétaires de magasins. Chez nous, la coopérative BigMat Belgique, à laquelle l'enseigne a donné un droit d'usage, comprenait jusqu'à ce jour 26 points de vente, dont 13 aux mains du groupe Bodymat qui a donc décidé de quitter le peloton pour créer une nouvelle chaîne : Allmat. " Au sein de la coopérative, nous devions choisir dans une liste de fournisseurs référencés, détaille la gérante. La communication était aussi très codifiée. BigMat n'affiche jamais de prix. Or, la grande distribution est très agressive dans ce domaine avec des - 20 à - 30 %, des ouvertures le dimanche, etc. Si nous ne réagissions pas, nous risquions de perdre des parts de marché. " Au niveau de l'e-commerce aussi, le groupe était, dit-il, limité. " La coopérative n'avait pas cette philosophie d'aller sur le Web marchand, explique Amélie Body. Il fallait mettre les 14 actionnaires autour de la table, et tous les magasins ayant des prix différents, comment, dans ce contexte, créer un site d'e-commerce ? " Pour sortir de la coopérative, l'entreprise familiale a dû trouver un accord avec les autres propriétaires. " Un accord à l'amiable qui n'impacte pas leurs finances, assure la responsable. L'entreprise va maintenant devoir recréer toute sa communication et bâtir la notoriété de sa nouvelle enseigne. " C'est un budget énorme, dit-elle. Mais nous payons dorénavant 13 fois moins de cotisations ( chaque magasin devait verser une cotisation à BigMat Belgique, Ndlr). C'est de l'argent que nous allons pouvoir utiliser. " Maintenant qu'il vole de ses propres ailes, le groupe nourrit plusieurs projets. Il compte lancer des marques propres et investir massivement dans l'e-commerce. " Nous disposons déjà d'un site vitrine, explique Amélie Body. Nous allons d'abord lancer un click&collect, puis nous lancer dans la vente en ligne. " Pour ce faire, l'entreprise compte ouvrir un nouveau centre logistique à Ciney en plus de celui qu'elle utilise déjà sur place.