Voilà des résultats très attendus. Et pour cause : il s'agit pour Ahold Delhaize des premiers résultats annuels consolidés depuis la fusion des deux distributeurs. De manière générale, on retiendra que le groupe enregistre des performances supérieures aux attentes des analystes sur la plupart de ses marchés sauf... en Belgique, où il peine à faire décoller sa part de marché.
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Voilà des résultats très attendus. Et pour cause : il s'agit pour Ahold Delhaize des premiers résultats annuels consolidés depuis la fusion des deux distributeurs. De manière générale, on retiendra que le groupe enregistre des performances supérieures aux attentes des analystes sur la plupart de ses marchés sauf... en Belgique, où il peine à faire décoller sa part de marché. Au terme du quatrième trimestre 2016, l'Ebitda sous-jacent s'élevait à 1,045 milliard d'euros. En léger recul, il est toutefois supérieur aux attentes. Même constatation pour le résultat opérationnel qui s'établit, lui, à 608 millions d'euros (- 4%) alors que les analystes tablaient sur 605 millions. Pour l'ensemble de l'année, le groupe a généré un cash-flow libre de 1,44 milliard d'euros (+ 22%) et va ainsi distribuer un dividende de 0,57 euro par action, en hausse de 9,6 %. Ces bons résultats sont donc à attribuer aux belles performances réalisées par le groupe sur ses marchés principaux, à savoir les Etats-Unis et les Pays-Bas. Outre-Moerdijk, le distributeur est même parvenu a augmenter sa part de marché, à 35,2 %. Son site d'e-commerce Bol.com a pour sa part vu ses ventes augmenter de 30 %. Contraste total chez nous, où la croissance annuelle de l'enseigne au lion est à la peine. Expert en distribution, Pierre-Alexandre Billiet voit plusieurs explications à ce manque de forme pour Ahold Delhaize en Belgique. Et tout d'abord le fait que le groupe est en train de rénover ses magasins. " Cela demande des investissements importants, assure-t-il. Le chiffre d'affaires du groupe est en légère baisse, mais c'est pour mieux repartir. " Le distributeur est par ailleurs en train de convertir ses magasins Red Market en Delhaize, et tente difficilement de céder huit points de vente Albert Heijn pour se conformer aux exigences de l'Autorité belge de la concurrence. " Ahold Delhaize est par ailleurs attaqué sur son core business, relève notre observateur. Sur le frais, la proximité, les produits à valeur ajoutée. " Pour inverser la tendance, le CEO du groupe, Dick Boer, a annoncé un assortiment de produits plus important, davantage de promotions ainsi qu'une meilleure politique de prix. " Mais même si Delhaize vient avec des prix plus bas, est-ce que la perception suivra ? ", s'interroge Pierre-Alexandre Billiet, qui poursuit : " Vaut-il mieux investir dans la réduction de l'écart entre le prix et la perception-prix ou dans de nouveaux concepts qui créent de la valeur ajoutée ? C'est une question d'équilibre, mais il est clair que l'on attend du groupe qu'il vienne avec de nouveaux concepts de magasins face à une concurrence très active en la matière. " Ce qui est certain, d'après notre expert, c'est qu'une politique de promotions trop agressive pourrait s'avérer " dangereuse " et surtout " destructrice de valeur ".