Au cours des derniers mois, BMW a semé quelques doutes sur ses plans en matière de véhicules électriques. Avec le lancement de l'i3 en 2013, l'entreprise a pris plusieurs longueurs d'avance. Ensuite, les choses se sont calmées. "Nous n'avons pas d'annonce à faire, mais nous y travaillons", nous a-t-on dit à plusieurs reprises.

BMW a officiellement inauguré son centre d'excellence technologique sur les cellules de batterie. Celui-ci est situé dans le fief de la marque, à Munich, et emploie 200 personnes. Il a nécessité un investissement de 200 millions d'euros. Le CEO Oliver Zipse a souligné le rôle pionnier des Bavarois. "La Bavière et la haute technologie vont de pair. Nous travaillons ici sur la technologie des batteries de la prochaine génération. La mobilité durable relève d'un consensus fondamental au sein de la société. BMW soutient donc pleinement l'Accord de Paris sur le climat. J'ai toute confiance en notre avenir. Nous allons présenter de nombreuses technologies d'entraînement tournées vers le futur. L'électricité en fait partie. Elle est aujourd'hui ce qu'il y a de plus important en Allemagne et BMW reste un pionnier en la matière. Nous avons lancé la BMW i3 en 2013. Celle-ci continue de convaincre. Depuis 2016, nous sommes numéro un en Allemagne et comptons bien le rester. Nous avons deux fois plus de parts de marché que le numéro deux. L'électrique représente 7% de nos ventes."

Offensive électrique

BMW étudie la technologie des batteries automobiles depuis 2008. "Notre centre d'excellence représente une nouvelle étape", poursuit Oliver Zipse. Mais l'offensive électrique de BMW n'en est qu'à ses balbutiements. "D'ici 2020, un quart des voitures neuves vendues en Europe seront hybrides ou électriques", explique Oliver Zipse. "Et en 2030, la moitié de nos nouvelles voitures en Europe le seront."

Le CEO a aussi fait indirectement allusion à l'arrivée de Tesla en Allemagne. Le constructeur américain de voitures électriques projette d'implanter sa prochaine usine dans la région de Berlin. "Nous fabriquons déjà des systèmes de batteries en Allemagne, aux États-Unis et en Chine", souligne Oliver Zipse. "C'est pourquoi de plus en plus de concurrents viennent en Allemagne. Ils savent que notre pays possède les connaissances nécessaires pour produire des voitures très complexes."

La Trinité

Le Premier ministre bavarois Markus Söder (CSU) a également assisté à l'inauguration. Il a présenté un état des lieux de la situation régionale et a également fait explicitement référence à Tesla. "Un concurrent majeur va produire en Allemagne. Le moment ne pouvait pas être mieux choisi. Nous n'avons pas besoin d'une usine qui veut vendre des voitures américaines en Allemagne. Nous avons besoin d'usines automobiles allemandes en Bavière. Bien entendu, c'est formidable qu'Elon Musk investisse en Allemagne. Cela secoue l'industrie automobile allemande. Ces dernières années, elle a été trop centrée sur elle-même en raison du dieselgate. C'est pourquoi elle n'a pas réagi assez rapidement aux nouvelles technologies. C'est ce que nous faisons aujourd'hui. La Bavière, les batteries et BMW s'apparentent à la nouvelle Sainte Trinité. L'automobile est la principale industrie dans notre région et en Allemagne. La stabilité de l'économie allemande va de pair avec celle du secteur automobile. La Bavière a une longue tradition automobile, et elle doit la perpétuer. Mais en investissant dans des technologies nouvelles et vertes."

"Le diesel reste important"

Oliver Zipse, CEO de BMW, a souligné un accord important entre BMW et Tesla. "Tesla apporte la preuve que pour rester concurrentiel, il faut maîtriser et contrôler totalement une nouvelle technologie. La seule chose que nous ne produisons pas dans le domaine, ce sont justement les cellules de batteries. Il en va de même chez Tesla." Il a été indiqué à plusieurs reprises que la production est moins importante que le développement de la technologie des batteries. Et BMW y travaille avec des partenaires proches depuis de nombreuses années. Les producteurs de cellules de batteries sont la société chinoise CATL et le groupe sud-coréen Samsung. "Le débat est beaucoup trop axé sur la production", poursuit Oliver Zipse. "Ce que renferme les batteries est bien plus important. Et nous développons et contrôlons cela avec nos partenaires. Globalement, l'industrie automobile est dépendante d'un grand nombre de composants provenant de nombreux fournisseurs."

Dans les années à venir, l'efficacité de la voiture électrique devra encore s'accroître. "La densité énergétique des batteries doit être améliorée, tout en allégeant le poids des futurs véhicules, mais en augmentant leur autonomie. Nous voulons doubler celle-ci d'ici 2030, et ce, grâce à des batteries plus légères."

Enfin, Oliver Zipse n'a pas du tout mis les véhicules roulant au diesel à la casse. "Nous ne pensons pas que le diesel va disparaître. Il n'est pas question d'un démantèlement. Nous vendons encore un demi-million de diesels par an. Ce chiffre demeure stable. Le diesel reste une technologie respectueuse de l'environnement."

Traduction : virginie·dupont·sprl