" Enfin ! ", exultent les fans : en seulement neuf ans, la marque française de restauration rapide s'est en effet bâti une surprenante popularité. Au compteur, 25.000 clients journaliers, 65 établissements et des files chroniques, style sortie du nouvel iPhone. Bruxelles ne fait pas exception : depuis le 1er octobre dernier, jour d'ouverture de l'unique unité belge, des dizaines d'amateurs trépignent régulièrement sur les trottoirs étroits de la rue des Palais, avides d'avaler leur tacos rectangulaire (et de s'en vanter).
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" Enfin ! ", exultent les fans : en seulement neuf ans, la marque française de restauration rapide s'est en effet bâti une surprenante popularité. Au compteur, 25.000 clients journaliers, 65 établissements et des files chroniques, style sortie du nouvel iPhone. Bruxelles ne fait pas exception : depuis le 1er octobre dernier, jour d'ouverture de l'unique unité belge, des dizaines d'amateurs trépignent régulièrement sur les trottoirs étroits de la rue des Palais, avides d'avaler leur tacos rectangulaire (et de s'en vanter).Le tex-mex, un juteux marché ? Là est l'astuce : le french tacos proposé par O'tacos est " à l'antipode de son cousin mexicain ". Le tacos à la française, lui, est " adapté aux modes de consommation des Français ", à savoir garni de frites et accompagné d'une sauce fromagère " maison préparée chaque jour " et " inspirée du savoir-faire français ", annonce le site officiel. Pour le reste, à vous les manettes : de la simple à la quadruple dose de bidoche, à choisir parmi cinq viandes garanties 100 % halal pour séduire le plus grand nombre, et la possibilité pour les affamés d'empiler suppléments charcuterie (bacon, salami, lardons, etc.) et fromage (raclette, Boursin, Vache qui rit, etc.), le tout arrosé de l'une de leurs 12 sauces. Environ 50.000 combinaisons d'ingrédients sont possibles, assure-t-on. Des recettes en zone rouge de toute diététique, certes, mais vectrices du succès du french tacos : c'est précisément cette hyper-personnalisation qui le transforme en un produit original dans un secteur snacking encore dominé par les burgers (un repas sur trois en restauration commerciale en France), pizzas et autres sandwichs. Le détail qui tue : des tacos " exclusifs " et en édition limitée, comme le " Chti " fourré de maroilles à Lille. O'tacos a d'ailleurs laissé entendre une déclinaison belge prochainement... Si, depuis 2007, la clientèle brassée se situe surtout sous la barre des 25 ans, O'tacos aspire néanmoins aujourd'hui à diversifier sa gamme : " Nous parvenons à élargir notre base de clientèle et souhaitons leur répondre avec d'autres produits plus travaillés ou pour certains plus équilibrés avec les salades ", expliquait en juillet dernier Patrick Pelonero, l'un des quatre associés d'O'tacos, à France Snacking, magazine spécialisé dans le marché de masse du snacking. Résultat : une gamme O'Gourmet lancée cet été, qui propose, entre autres tacos, L'Artisanal et Le Fameux. La différence ? Les premium sont gratinés sur le dessus.L'autre ingrédient de son succès, et peut-être même le premier, c'est son usage virtuose des réseaux sociaux, porteurs de l'essentiel de sa communication. O'tacos manie avec brio le langage des jeunes consommateurs accros aux nouveaux médias : photos Snapchat et emojis à gogo, posts Instagram facétieux, hashtags comiques, streaming en direct sur Periscope lors d'ouvertures de restaurants, bref, tout ce qu'on fait déjà avec les copains, avec les mots des copains. L'annonce de l'adresse bruxelloise s'est d'ailleurs faite via un live Facebook, où Zied El Inkichari, le responsable marketing, réagissait aux questions des internautes tandis qu'il piochait au hasard les noms des nouveaux établissements dans un chapeau. De l'art de créer du buzz.Au début, O'tacos, c'était un fast-food à Bordeaux. L'expansion s'est enclenchée en 2013, en région Ile-de-France d'abord, puis partout ailleurs, et même à l'international, grâce à son ouverture aux franchisés en 2015. Petite marque veut devenir chaîne, et c'est en bonne voie : O'tacos aurait reçu plus de 1.200 demandes de franchise, révèle France Snacking, qui évoque également des chiffres d'affaires oscillant entre 800.000 et 1,5 million d'euros selon les unités. La marque porte d'ailleurs une attention toute particulière à la qualité de ses intérieurs, mêlant bois et tons chauds, et à sa charte graphique, pile poil dans l'air du temps. Histoire de ne surtout pas confondre avec le "durumier" du coin.Par Chloé Glad.