L'emblématique Jack Dorsey, patron de Twitter, pataugerait-il ? Rappelé à la barre du réseau social en 2015 pour tenter de redonner un souffle à la start-up qu'il avait créée, l'homme ne semble pas avoir trouvé la voie providentielle pour Twitter qui continue à faire face à de nombreuses difficultés. A la fin du mois de décembre, deux nouveaux hauts responsables ont quitté le navire à la dérive : le directeur de la technologie et le vice-président en charge de la gestion produit. Ce qui porte à un peu plus d'une dizaine le nombre de départs de dirigeants de Twitter en 2016. Gênant alors que le réseau social cherche désespérément sa voie et peine visiblement à convaincre les investisseurs. Son cours de Bourse a baissé de près de 30 % sur toute l'année 2016.

Ce qui explique cette débandade ? Tout d'abord, la croissance hyper faible de son nombre d'utilisateurs. Le réseau social de gazouillis n'aurait toujours pas dépassé 317 millions d'utilisateurs actifs (au troisième trimestre 2016), contre 302 millions au premier trimestre 2015. Soit seulement 15 millions de nouveaux utilisateurs en 18 mois ! Et cela malgré pas mal d'adaptations au produit lui-même (fin de la limitation stricte des 140 caractères, changement dans l'affichage purement chronologique, etc). Ce manque de croissance représente un vrai souci à l'heure où les géants de la tech sont essentiellement jugés sur les promesses qu'ils font pour le futur lorsqu'ils sont encore dans le rouge. Et cette croissance trop faible empêche évidemment Twitter de faire grimper ses revenus de manière importante. Dans ce contexte morose, la dernière tuile en date risque de ne pas l'aider à attirer les annonceurs. Entre Noël et Nouvel An, Twitter a admis que les statistiques liées à la consultation de vidéos sur sa plateforme avaient été surévaluées aux mois de novembre et décembre. Pas de quoi faire plaisir aux annonceurs qui auront été trop facturés et risquent de perdre un peu plus confiance. Déjà que la multiplication des fausses informations (Twitter a successivement notamment annoncé la mort de Britney Spears et d'Omar Sy) n'est pas pour plaire à l'écosystème présent sur le réseau social.

Tout cela alors que Twitter serait toujours en vente... mais n'intéressait déjà plus, fin 2016, les quelques repreneurs potentiels (on a cité Salesforces, Google, Disney et Microsoft). Le réseau social entame donc l'année 2017 en bien mauvaise posture. Dans les semaines qui viennent, Jack Dorsey dévoilera les chiffres de Twitter au quatrième trimestre et pour toute l'année 2016. Sans réelle embellie, cela risque de sérieusement compromettre ses perspectives...