Bref rappel de ce qui s'est passé précédemment dans le feuilleton. Dans la saison 1 - qui n'a été diffusée qu'aux Etats-Unis - on a pu vivre l'éclosion d'un loueur de DVD sur Internet. Comment, par un travail très fin sur les données des clients, il a pu faire mordre la poussière aux géants du secteur de la location dont le tout-puissant Blockbuster Video qui finira par rendre gorge après avoir superbement ignoré son " petit " concurrent. Une saison 1 qui se clôt sur un cliffhanger puissant : Netflix décide de se lancer dans le streaming vidéo.
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Bref rappel de ce qui s'est passé précédemment dans le feuilleton. Dans la saison 1 - qui n'a été diffusée qu'aux Etats-Unis - on a pu vivre l'éclosion d'un loueur de DVD sur Internet. Comment, par un travail très fin sur les données des clients, il a pu faire mordre la poussière aux géants du secteur de la location dont le tout-puissant Blockbuster Video qui finira par rendre gorge après avoir superbement ignoré son " petit " concurrent. Une saison 1 qui se clôt sur un cliffhanger puissant : Netflix décide de se lancer dans le streaming vidéo. La saison 2 reprend la même arche narrative qui a fait le succès de la saison 1 : le " petit " que l'on ne voit pas venir et qui nettoie ses nouveaux concurrents. Les câblo-opérateurs bien installés (HBO, AMC, etc.) en font les frais, obligés de reconsidérer leur offre. Le " petit " du streaming devient alors " grand ", puis " géant " et part à la conquête du monde : plus de 140 millions d'abonnés dans le monde entier venant perturber des territoires entiers et une capitalisation boursière qui progresse de +8.500% sur les 10 ans que couvre la saison, atteignant les 165 milliards de dollars et dépassant un temps celle du centenaire flamboyant Disney. A partir de 2013, la saison prend un nouveau virage avec le passage pour Netflix aux productions originales inaugurées avec House of Cards, la première grande série " Netflix Originals " à conquérir le monde. Netflix racontera que c'est grâce à un algorithme exclusif concocté à partir des données de ses clients que cette série sera un succès : un passage peu crédible, en fait.. Au fil des épisodes, Netflix s'installe comme référent du streaming, s'imposant avec une arme redoutable : le binge watching. La possibilité de visionner une saison d'un seul coup marque une nouvelle ère dans la façon de consommer les séries sur Internet, ringardisant du même coup la concurrence. Mais voilà, cette progression a un coût : des investissements de plus en plus pharaoniques dans les contenus exclusifs - plus de 15 milliards de dollars prévus pour 2019 - pour attirer de nouveaux clients et les fidéliser... Et - tadam ! - nouveau " cliffhanger " en fin de saison 2 : alors que la société tutoie les sommets et que certains pensent qu'elle avalera tout sur son passage, advient un twist narratif. Disney, grand fournisseur de productions pour Netflix, coupe le robinet et décide de ne plus le fournir en contenus à partir de 2020 pour créer son propre service de streaming, Disney+. Lancement de la fusée prévu pour la fin de l'année. D'autres emboîtent le pas à Disney, comme NBC Universal ou AT&T, retirant la licence de séries parmi les plus populaires du catalogue comme Friends ou The Office. Entre-temps, Apple et HBO débarquent également sur l'offre streaming. Une nouvelle bataille de titans est à prévoir. Pour la saison 3 de Netflix, le décor est donc planté. Mais l'enjeu est cette fois inédit. Alors que jusqu'à présent, l'opérateur attaquait les autres chez eux, il va devoir maintenant défendre son propre territoire. Avec un joli casse-tête : comment se maintenir dans la guerre du streaming avec la nécessité de baisser ses prix - pour conserver ses abonnés - tout en augmentant toujours plus ses investissements pour en séduire de nouveaux ? Les scénaristes vont devoir être géniaux pour trouver un moyen de sortir la société de ce guêpier... D'autant que deux ennemis sournois risquent de rôder sur cette saison à hauts risques pour tous les acteurs du streaming. D'une part, l'overdose des spectateurs devant l'offre devenue impossible à suivre et qui pourrait créer une désaffection. D'autre part, le piratage qui, vu le nombre croissant d'abonnements auxquels il faudra souscrire tout en sachant qu'on ne pourra pas tout voir, pourrait faire un come-back triomphant après avoir reflué en partie grâce à Netflix. Cette saison 3, en tout cas, s'annonce haletante...