Christopher Nolan a fait une sortie remarquée. Le réalisateur à succès (Inception, la trilogie Dark Knight) s'est vigoureusement attaqué à la plateforme de streaming Netflix. Alors que son blockbuster Dunkerque cartonne au box-office (107 millions de dollars après son premier week-end d'exploitation), Christopher Nolan s'érige en défenseur des salles obscures. Selon le réalisateur britannique, interrogé par le site spécialisé IndieWire, " Netflix a une aversion bizarre pour les films tournés pour le cinéma ". Il fustige la politique " insensée " de l'entreprise américaine, ...

Christopher Nolan a fait une sortie remarquée. Le réalisateur à succès (Inception, la trilogie Dark Knight) s'est vigoureusement attaqué à la plateforme de streaming Netflix. Alors que son blockbuster Dunkerque cartonne au box-office (107 millions de dollars après son premier week-end d'exploitation), Christopher Nolan s'érige en défenseur des salles obscures. Selon le réalisateur britannique, interrogé par le site spécialisé IndieWire, " Netflix a une aversion bizarre pour les films tournés pour le cinéma ". Il fustige la politique " insensée " de l'entreprise américaine, qui cherche à diffuser simultanément les films en salle et en ligne. " Un modèle intenable pour les salles de cinéma ", estime Christopher Nolan. Ce n'est pas la première fois que la stratégie du géant du streaming est mise en cause par le milieu du cinéma. En mai dernier, une polémique similaire avait surgi lors du festival de Cannes. La Fédération nationale des cinémas français, qui regroupe les exploitants de salles, s'était étranglée en voyant que deux films produits par Netflix étaient présentés en sélection officielle, alors que la plateforme n'avait aucune intention de les sortir en salles. La France et, par ricochet, la Belgique, dispose d'une réglementation particulière imposant la chronologie des médias. Un film bénéficie d'une fenêtre d'exclusivité de quatre mois pour son exploitation en salles obscures. Ensuite, la télévision à péage, puis les supports physiques (DVD, Blu-ray) et enfin les chaînes de télévision classiques peuvent le diffuser. Les plateformes numériques de streaming comme Netflix viennent bousculer ces habitudes. Leur objectif est évidemment de mettre à disposition de leurs utilisateurs un maximum de contenus, sans devoir attendre la fin des fenêtres d'exclusivité prévues par la chronologie des médias (il faut attendre trois ans avant qu'un film soit diffusé sur la télévision linéaire). Si Netflix suscite autant de passions, c'est aussi parce que le géant du streaming, qui vient de dépasser les 100 millions d'abonnés dans le monde, est devenu un acteur incontournable sur le marché des contenus audiovisuels. Le monde de cinéma craint ce mastodonte capable d'investir 6 milliards de dollars en 2017 dans la production de films et de séries. Christopher Nolan a indiqué qu'il refuserait de travailler avec Netflix si l'entreprise ne se calquait pas sur son concurrent Amazon Prime Video, qui prévoit une fenêtre d'exclusivité de 90 jours pour les salles obscures avant la diffusion en ligne. Mais d'autres stars du cinéma marquent au contraire leur soutien à Netflix. L'acteur américain Will Smith, qui joue dans Bright, une super-production à 100 millions de dollars financée par Netflix, estime de son côté que la diffusion en salles et le streaming rencontrent des publics différents à des moments différents, et que les deux modes de consommation peuvent coexister.