Le contrat s'appelle Jedi pour Joint Enterprise Defense Infrastructure. Il a pour but de rationaliser les 500 clouds différents que possède le département de la Défense américain. Jedi doit devenir une coupole centralisatrice qui permettra en outre au Pentagone d'avoir accès en permanence aux technologies les plus pointues dans le domaine. Ce contrat, d'une valeur de 10 mill...

Le contrat s'appelle Jedi pour Joint Enterprise Defense Infrastructure. Il a pour but de rationaliser les 500 clouds différents que possède le département de la Défense américain. Jedi doit devenir une coupole centralisatrice qui permettra en outre au Pentagone d'avoir accès en permanence aux technologies les plus pointues dans le domaine. Ce contrat, d'une valeur de 10 milliards de dollars sur 10 ans, a mis en compétition l'élite informatique américaine : Amazon, Microsoft, Oracle, IBM et Google. Et pour cause, les services cloud sont devenus un élément de croissance stratégique. L'appel d'offres fut rocambolesque. Google a renoncé, arguant que son éthique l'empêchait de trouver des applications militaires à ses modules d'IA. IBM a voulu invalider l'appel d'offres au nom de la sécurité nationale procla-mant qu'elle ne peut pas être confiée à un seul fournisseur. Enfin, Oracle a crié au conflit d'intérêts devant les tribunaux puisque le responsable du projet au Pentagone est un ancien d'Amazon. L'affaire est d'ailleurs toujours en cours. En fin de compte, à la surprise générale, Microsoft a été préféré à AWS, la filiale d'Amazon, de loin le leader du marché (32%). L'expérience menée avec la CIA depuis 2013, les multiples partenariats avec le gouverne-ment fédéral (2 milliards de chiffre d'affaires annuel) et l'annonce de la construction d'un nouveau siège à Pentagon City n'auront donc pas permis à Amazon de remporter un tout gros morceau. A l'inverse, Microsoft, qui détient 20% du marché avec sa filiale Azure, se voit offrir l'opportunité de développer le secteur gouver-nemental et d'atteindre plus vite son objectif : détrôner AWS. La semaine a été bonne puisque Satya Nadella, le CEO, a aussi annoncé un partenariat avec SAP, le premier éditeur de logiciels européen, pour héberger toutes les applications destinées aux clients du groupe allemand dans Azure.