Posés sur des étagères, plusieurs dizaines de blocs vert pomme clignotent. Connectées les unes aux autres, ces batteries offrent une capacité de stockage de 300 kWh. C'est le coeur du micro-réseau développé par Nethys et ses partenaires dans le zoning industriel de Méry, le long de l'Ourthe, près de Liège. Elles se rechargent grâce aux panneaux solaires installés sur l'entreprise voisine MéryBois et aux turbines hydroélectriques de MeryTherm. Une troisième entreprise, CBV, y est également reliée. Un logiciel EMS (Energy Management Solution) développé par l'Université de ...

Posés sur des étagères, plusieurs dizaines de blocs vert pomme clignotent. Connectées les unes aux autres, ces batteries offrent une capacité de stockage de 300 kWh. C'est le coeur du micro-réseau développé par Nethys et ses partenaires dans le zoning industriel de Méry, le long de l'Ourthe, près de Liège. Elles se rechargent grâce aux panneaux solaires installés sur l'entreprise voisine MéryBois et aux turbines hydroélectriques de MeryTherm. Une troisième entreprise, CBV, y est également reliée. Un logiciel EMS (Energy Management Solution) développé par l'Université de Liège permet de monitorer l'installation. Ce cerveau numérique optimise la gestion de l'énergie en fonction de la production, de la consommation, des prévisions réalisées sur base de l'historique des données, de modèles météo et des prix du marché. Objectif : améliorer l'autoconsommation de cette énergie produite localement. Avant l'installation de ce microgrid, les surplus d'énergies solaire et hydraulique étaient directement injectés sur le réseau public. En l'absence de soleil et d'un débit suffisant de l'Ourthe, ces trois entreprises consommaient alors massivement l'énergie fournie par RESA, à un prix comprenant le coût de l'électricité, les frais de distribution et les taxes. En autoconsommant davantage leur propre énergie, elles espèrent faire de substantielles économies. Pourquoi, dès lors, l'opérateur de réseau de distribution liégeois s'est-il associé à ce projet ? Pour Luc Warichet, directeur du département Assets Management & Investments chez RESA : " Nous ne pouvons pas arrêter la technologie. " Grâce aux énergies renouvelables et aux batteries, de plus en plus d'entreprises et de particuliers vont autoconsommer leur électricité. Une question fondamentale se pose donc : comment financer le réseau de distribution ? Calculés jusqu'à présent en fonction du nombre de kWh consommés, les tarifs des opérateurs vont devoir s'adapter. A travers MéryGrid, RESA étudie un " tarif capacitaire ", une sorte d'assurance : l'opérateur monnaierait sa capacité à fournir à tout moment de l'électricité. Le second avantage est aussi de pouvoir lisser les pics de production et de consommation grâce à cette batterie-tampon. Le gestionnaire de réseau n'est donc plus obligé d'augmenter la puissance de sa ligne pour évacuer les surplus d'énergie intermittents. Enfin, ce projet est aussi un laboratoire pour le gouvernement wallon. Pour l'instant, ce type de réseau est un projet pilote qui doit faire l'objet d'une dérogation auprès de la CWaPE, le régulateur des marchés wallons du gaz et de l'électricité. L'idée est de multiplier ces microgrids à d'autres zonings industriels. Il est donc nécessaire de rédiger un nouveau cadre afin que ces projets ne doivent plus faire l'objet d'une dérogation. Un " décret électricité " est en cours d'étude et pourrait être voté avant la fin de l'année.