Le Royaume-Uni n'a pas encore déposé officiellement sa demande de divorce avec l'Union européenne (le fameux " article 50 "). Mais il se prépare à la fois sur les terrains politiques et fiscal.
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Le Royaume-Uni n'a pas encore déposé officiellement sa demande de divorce avec l'Union européenne (le fameux " article 50 "). Mais il se prépare à la fois sur les terrains politiques et fiscal. Côté politique, le gouvernement piloté par Theresa May aimerait négocier, en parallèle du Brexit, les modalités définissant les nouvelles relations entre l'Union et le Royaume-Uni. Pas question, répond l'Europe. Voici quelques jours, Michel Barnier, le négociateur de l'Union européenne, a indiqué qu'il n'était pas question de négocier, en même temps que les termes du divorce, les termes d'un nouvel accord de partenariat avec Londres. On se quitte, puis on voit... " Les deux années de négociations nécessaires pour acter la séparation ne laissent pas de temps pour discuter d'autres choses. " Mais dans le même temps, sur le terrain fiscal, le gouvernement britannique présente le Brexit comme une aubaine. Surtout pour les multinationales " embêtées " par les autorités européennes : Apple, convaincu d'avoir bénéficié d'une fiscalité trop avantageuse à Dublin, va devoir rembourser 13 milliards au gouvernent irlandais. Starbucks, Microsoft et Intel ont été condamnées également. Amazon et Google sont également sous le coup d'une enquête... Pour faire de l'oeil à ces géants internationaux, Londres joue pleinement sur le fait que le pays n'aura bientôt plus de comptes à rendre à la Commission de Bruxelles, et se fait fort de conserver néanmoins, à partir du Royaume-Uni, un accès privilégié au marché européen. La fiscalité des entreprises va de plus devenir très avantageuse ces prochaines années puisque le taux d'imposition des sociétés va tomber à 17 % en 2020 (contre 20 % actuellement et 28 % en 2010). Les grandes entreprises américaines paraissent convaincues : McDonald's vient de décider de quitter la Suisse et le Luxembourg et de rassembler son QG "Europe-Amérique latine-Asie" au Royaume-Uni. L'an prochain, Facebook ouvrira un nouveau QG à Londres et planifie d'engager 500 personnes. Amazon veut aussi embaucher 2.300 personnes supplémentaires dans ses centres de distribution britanniques qui devraient continuer à desservir l'Europe. Google compte investir 1 milliard de livres sur son site de Londres qui, dans les trois années à venir, devrait accueillir 7.000 personnes contre 4.000 aujourd'hui... Le Brexit serait-il devenu un argument de vente pour le Royaume-Uni ?