1. Une société familiale
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1. Une société familiale Fondées en 1926 par Henri Nanson, les Savonneries bruxelloises seront tenues par sa famille durant trois générations. En 1993, Vincent Laurencin rachète l'entreprise. Il est rejoint sept ans plus tard par François Van de Velde. Le côté fidèle et familial de l'entreprise reste néanmoins d'actualité : les 10 ouvriers employés sont de vieux baroudeurs qui cumulent les années d'expérience - jusqu'à 41 ans pour le plus expérimenté - et le responsable de la fabrication travaille avec ses deux fils. 2. La recetteLa matière première du savon - réalisée avec de l'huile et de la soude caustique - provient d'Asie, d'Angleterre et de Belgique. "Elle est brassée dans un mélangeur avec le parfum et les éventuels ingrédients supplémentaires suivant le type de savon", glisse Bastien Hachez, porte-parole et responsable de la distribution pour l'entreprise. Chaque savon possède sa fiche technique, sur laquelle la recette est scrupuleusement inscrite afin de produire à l'identique d'une fois à l'autre. La fabrication se fait dans des gros bacs, avec 100 kilos de matière à la fois. A ce stade, la substance ressemble à du riz sauté. 3. Du bonbon à la pâte fragile La deuxième étape de fabrication se déroule dans le broyeur. Le produit, qui ressemble alors à un amas de bonbons (surtout quand il est de couleur fraise), est concassé par trois rouleaux. L'objectif est d'améliorer la dispersion des ingrédients et l'homogénéité du savon. Celui-ci est ensuite râpé et tombe dans deux grands bacs sous la forme de longues et larges pâtes qui s'effritent au toucher. A ce moment-là, le savon dégage déjà une odeur proche de celle attendue en fin de parcours. 4. L'affinage "plasticine"Placé dans une cuve en forme de pyramide tronquée inversée, le savon sort de l'affineur par des dizaines de petits trous. Il ressemble alors à de la plasticine. Il est directement coupé en fines lamelles, beaucoup plus solides. La préparation touche alors à sa fin. Il ne reste plus qu'à envoyer le savon dans la "boudineuse". Cette machine "va sortir le savon en parallélépipèdes rectangles un peu chauds et mous", précise Bastien Hachez. 5. 300 moules différentsL'ultime étape de la fabrication du savon est l'estampage. Pour apposer le logo, l'entreprise utilise des moules refroidis à -35°C qui attaquent la matière pour qu'elle en ressorte définitivement solidifiée et prête à l'emploi. "Nous possédons environ 300 moules différents, confie Bastien Hachez. Les clients peuvent également demander une personnalisation partielle ou complète, que l'on fait dans nos ateliers via une machine qui travaille le laiton." En Europe, le format de savon le plus demandé est l'ovale de 100-110 grammes. Aux Etats-Unis, c'est la grosse brique de 300 grammes qui fonctionne beaucoup : "Ils aiment bien tout ce qui est gros." Et parmi les logos qui séduisent le plus, on retrouve les anges, les dauphins, les moutons et... Manneken-Pis.6. Zéro déchet "On est une entreprise zéro déchet, zéro pollution", précise Bastien Hachez. Tout au long du parcours de fabrication du savon, le moindre gramme de matière première qui tomberait des bacs est récupéré et réutilisé. Les Savonneries bruxelloises font également attention aux produits utilisés dans leur production. Avant, la matière première était constituée de graisses animales. "Mais depuis les affaires comme celle de la vache folle, ce n'est plus d'usage, même si ce n'est toujours pas interdit. Quoi qu'il en soit, nous utilisons des graisses végétales... ainsi que d'autres éléments bio ou translucides suivant les désirs du client." 7. Mon amie la roseParmi les 80 parfums différents proposés par la société, les classiques trustent le top des ventes : la rose reste incontournable, tout comme la lavande ou le muguet. "Un de nos best-sellers est le citron vert-gingembre, nuance néanmoins Bastien Hachez. Et si un acheteur veut un parfum bien précis, on peut facilement faire des mélanges ou des créations." Actuellement, les clients se comptent par centaines et proviennent à 85 % de l'étranger (Iran, Etats-Unis, Grèce, Japon, Chine, etc.). "Ils sont tellement réguliers que l'on ne fait de la prospection qu'une fois par an, au salon de l'industrie de la beauté de Bologne (Cosmoprof, Ndlr)."