Deux entreprises belges sur trois considèrent la longueur des délais de paiement de leurs clients comme " problématique ", nous apprend l'étude annuelle d'Intrum, un bureau spécialisé en recouvrement de créances. Ce retard affecte bien entendu les liquidités des entreprises créancières et 20% d'entre elles affirment même avoir reporté des embauches pour cette raison. Vingt-six pour cent des patrons pensent que la situation v...

Deux entreprises belges sur trois considèrent la longueur des délais de paiement de leurs clients comme " problématique ", nous apprend l'étude annuelle d'Intrum, un bureau spécialisé en recouvrement de créances. Ce retard affecte bien entendu les liquidités des entreprises créancières et 20% d'entre elles affirment même avoir reporté des embauches pour cette raison. Vingt-six pour cent des patrons pensent que la situation va s'aggraver à l'avenir, une appréciation nettement plus pessimiste que la moyenne européenne (16%) et en forte augmentation par rapport aux deux années précédentes. Les entreprises concèdent payer 10% de leurs factures en retard, un chiffre plus bas que l'an dernier (13%). Notons que Wallons et Bruxellois sont ici plus ponctuels que les Flamands (7,5 contre 12% de factures en retard). Globalement, les entreprises n'ont quasiment pas de factures en souffrance auprès des particuliers, peu auprès d'autres entreprises (un peu plus toutefois du côté flamand) mais c'est avec le secteur public que les retards s'accumulent : le délai moyen de paiement effectif de la part des pouvoirs publics est de 60 jours au lieu des 38 concédés par les entreprises émettrices des factures. On explose ici toutes les moyennes européennes, puisque le délai de paiement effectif en Europe est de 42 jours. Et, sur ce plan, les autorités wallonnes et bruxelloises sont les mauvais élèves avec des délais effectifs de 68 jours (52 en Flandre). En réponse à des questions parlementaires, la ministre fédérale du Budget, Sophie Wilmes (MR), a précisé qu'en 2018, l'Etat fédéral avait payé 223.000 factures en retard, soit 30% de l'ensemble de ses factures. Cela lui a valu de payer 3,1 millions d'euros en intérêts de retard, un chiffre en baisse par rapport aux deux exercices précédents. " Le problème est d'autant plus préoccupant qu'en cas de retard de paiement d'un organisme public, l'entreprise doit continuer à s'acquitter de ses obligations ( impôts, ONSS, TVA et accises entre autres, Ndlr) et se voit infliger des amendes en cas de retard ", a commenté le député Ecolo Gilles Vanden Burre, qui interrogeait la ministre.