Le 26 septembre prochain, Amsterdam accueillera un congrès d'un genre nouveau sur le sol européen. Destinée aux investisseurs potentiels, la Cannabis Capital Convention placera en effet le chanvre au coeur dans toutes les discussions, mais sous un angle exclusivement entrepreneurial. Au programme, on épinglera des conférences données par des businessmen américains actifs dans le secteur, mais aussi par des analystes financiers de la banque allemande Berenberg pour " éclairer " le marché.
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Le 26 septembre prochain, Amsterdam accueillera un congrès d'un genre nouveau sur le sol européen. Destinée aux investisseurs potentiels, la Cannabis Capital Convention placera en effet le chanvre au coeur dans toutes les discussions, mais sous un angle exclusivement entrepreneurial. Au programme, on épinglera des conférences données par des businessmen américains actifs dans le secteur, mais aussi par des analystes financiers de la banque allemande Berenberg pour " éclairer " le marché. L'enjeu est de taille. Si, depuis quelques années, la vente de cannabis a été légalisée à des fins médicales (et parfois même récréatives) dans certains Etats américains, il n'en va pas de même sur le continent européen où ce type d'activité commerciale s'avère beaucoup plus compliqué. La loi sur la consommation de la marijuana est moins permissive chez nous qu'en Amérique du Nord, mais les mentalités sont tout doucement en train d'évoluer. Car au-delà du tabou de la drogue douce, ce sont les vertus médicinales de cette plante singulière qui sont aujourd'hui mises en évidence et, par ricochet, les opportunités économiques qui se profilent à l'horizon thérapeutique. Aux Etats-Unis, le marché régulé du cannabis dans certains Etats a non seulement dopé le business de petites d'entreprises pourvoyeuses d'emplois, mais il a aussi apporté de nouvelles recettes fiscales aux autorités concernées. Ainsi, au Colorado, 250 millions de dollars ont été versés l'année dernière dans les caisses de l'Etat par les nouveaux acteurs de la vente de cannabis. Il y a deux mois à peine, le Sénat canadien a totalement dépénalisé la consommation et la production de la marijuana, tablant sur une manne fiscale de 400 millions de dollars pour l'année en cours. Au lendemain du vote, les principaux producteurs de cannabis au Canada enregistraient d'ailleurs une flambée de leurs valeurs à la Bourse de Toronto, l'usage de cette drogue douce à des fins médicales étant déjà autorisé depuis 2001. Dans ce créneau porteur, l'Europe est économiquement à la traîne et c'est précisément pour sensibiliser les différents niveaux de pouvoir politique que cette Cannabis Capital Convention a été programmée le mois prochain à Amsterdam. En séduisant les investisseurs potentiels et en enclenchant la machine du lobbying, les organisateurs espèrent ouvrir les portes d'un marché européen qui, selon les estimations du secteur, pourrait atteindre une valeur de 100 milliards d'euros en 10 ans au cas où la dépénalisation du cannabis serait votée dans l'Union. En Belgique, certaines entreprises misent déjà sur cette hypothèse, à l'instar de la société pharmaceutique Rendocan qui souhaite installer une première plantation de cannabis dans le Limbourg à des fins strictement thérapeutiques. La loi belge, pour l'instant, interdit cette pratique, mais Rendocan table sur une évolution rapide des moeurs politiques, et donc du cadre juridique, pour mener à bien son projet économique et s'offrir ainsi de nouveaux débouchés.