"Les entreprises ont l'opportunité d'occuper le vide laissé par le gouvernement", exhorte Richard Edelman, patron de la puissante agence de relations publiques éponyme. "Ca ne doit pas être que de la com'. Il faut des actes".

Des appels à l'action se multiplient pour réduire les inégalités économiques, une des sources de la colère populaire exprimée dans les manifestations, parfois violentes, qui émaillent le pays depuis quelques jours.

Ils s'appuient sur l'absence de diversité au plus haut niveau des sociétés malgré les promesses mille fois répétées.

D'après un rapport de 2019 du Boston Consulting Group, seuls trois Afro-Américains et vingt-quatre femmes sont à la tête des 500 plus grosses sociétés américaines par revenus.

- "Platitudes" -

De grands patrons, à l'instar de Tim Cook (Apple), David Solomon (Goldman Sachs) ou Larry Fink (BlackRock) ont dénoncé le racisme ce week-end.

Ken Frazier, le PDG du laboratoire pharmaceutique Merck, lui, y voit des "platitudes".

Seul Afro-Américain à diriger une des trente entreprises de l'indice Dow Jones, il plaide pour des initiatives pratiques visant à l'insertion professionnelle des minorités qui occupent le plus souvent les emplois subalternes -- magasiniers, caissières, préposés au ménage, éboueurs, livreurs etc.

"Lorsqu'il y a des troubles civils, les gens publient des communiqués; ils publient des platitudes (...) Je pense que les milieux d'affaires doivent aller au-delà des communiqués", a fustigé lundi, sur la chaîne CNBC, M. Frazier.

Lui-même doit sa réussite sociale à une initiative permettant aux jeunes défavorisés d'intégrer des écoles d'élites à Philadelphie.

Il propose de multiplier ce genre d'actions et d'autres pour former les Afro-Américains et les Hispaniques et les aider à entrer dans le monde de l'entreprise.

"Les dirigeants économiques peuvent être une force d'unité (...) Notre société est plus divisée que jamais. Le lieu de travail est le dernier endroit en Amérique, hormis l'armée et peut-être le sport, où les gens ne peuvent choisir avec qui s'associer", argumente-t-il, ajoutant que: "Le chômage mène à l'absence d'espoir et l'absence d'espoir mène à ce que nous voyons dans les rues de notre pays actuellement".

- "Démocratie de marques" -

D'après le think tank progressiste Economic Policy Institute, le revenu moyen des ménages blancs était en 2018 de 70.642 dollars contre 41.692 pour les ménages noirs. En février, avant la pandémie, le taux de chômage était de 5,8% pour les personnes noires et de 3,1% seulement chez les Blancs.

Pour Mellody Hobson, co-directrice générale de la société d'investissements Ariel Investments, "quand on observe la hiérarchie des entreprises en Amérique, du sommet à la base, on s'aperçoit que les Américains noirs et hispaniques n'y figurent pas, comme si nous n'existions pas dans ce pays".

"C'est inacceptable", déplore cette femme d'affaires afro-américaine.

Elle enjoint les entreprises à mettre en pratique leurs engagements en matière de bonne gouvernance et conseille aux actionnaires d'utiliser leur vote pour sanctionner les sociétés récalcitrantes.

Des experts préconisent en outre l'adoption d'une politique de quotas comme la "Rooney Rule". C'est un mécanisme mis en place par la ligue professionnelle de football américain (NFL), demandant aux équipes d'auditionner un candidat issu des minorités visibles à chaque fois qu'un poste d'entraîneur se libère afin de leur donner accès à des postes de dirigeants.

"Si les milieux d'affaires américains sont véritablement sérieux sur le racisme, il est nécessaire d'avoir des règles comme celles-là en place", insiste Hank Boyd, professeur de marketing à l'université du Maryland.

Une autre piste serait d'embaucher des minorités visibles à des postes à responsabilités, d'investir dans des startups créées par des Afro-Américains et des Hispaniques et que des cadres dirigeants de grandes entreprises rejoignent en parallèle des conseils d'administration d'ONG présentes dans des quartiers défavorisés, prône Richard Edelman.

Pour lui, il y va de l'intérêt des sociétés parce que deux-tiers des consommateurs, et en l'occurrence les "millennials" (17-35 ans) dont un grand nombre manifeste actuellement, achètent en fonction de leurs valeurs.

"Ils pratiquent la démocratie de marques. Chaque fois qu'ils vont dans un magasin, ils veulent savoir si leurs marques les représentent vraiment", avance M. Edelman.

"Il fut un temps où les entreprises disaient qu'elles ne voulaient pas prendre de parti, qu'elles étaient la Suisse (neutres). Ce n'est plus possible", renchérit Hank Boyd. "C'est une nouvelle ère".

"Les entreprises ont l'opportunité d'occuper le vide laissé par le gouvernement", exhorte Richard Edelman, patron de la puissante agence de relations publiques éponyme. "Ca ne doit pas être que de la com'. Il faut des actes".Des appels à l'action se multiplient pour réduire les inégalités économiques, une des sources de la colère populaire exprimée dans les manifestations, parfois violentes, qui émaillent le pays depuis quelques jours.Ils s'appuient sur l'absence de diversité au plus haut niveau des sociétés malgré les promesses mille fois répétées.D'après un rapport de 2019 du Boston Consulting Group, seuls trois Afro-Américains et vingt-quatre femmes sont à la tête des 500 plus grosses sociétés américaines par revenus.- "Platitudes" -De grands patrons, à l'instar de Tim Cook (Apple), David Solomon (Goldman Sachs) ou Larry Fink (BlackRock) ont dénoncé le racisme ce week-end.Ken Frazier, le PDG du laboratoire pharmaceutique Merck, lui, y voit des "platitudes".Seul Afro-Américain à diriger une des trente entreprises de l'indice Dow Jones, il plaide pour des initiatives pratiques visant à l'insertion professionnelle des minorités qui occupent le plus souvent les emplois subalternes -- magasiniers, caissières, préposés au ménage, éboueurs, livreurs etc."Lorsqu'il y a des troubles civils, les gens publient des communiqués; ils publient des platitudes (...) Je pense que les milieux d'affaires doivent aller au-delà des communiqués", a fustigé lundi, sur la chaîne CNBC, M. Frazier.Lui-même doit sa réussite sociale à une initiative permettant aux jeunes défavorisés d'intégrer des écoles d'élites à Philadelphie.Il propose de multiplier ce genre d'actions et d'autres pour former les Afro-Américains et les Hispaniques et les aider à entrer dans le monde de l'entreprise."Les dirigeants économiques peuvent être une force d'unité (...) Notre société est plus divisée que jamais. Le lieu de travail est le dernier endroit en Amérique, hormis l'armée et peut-être le sport, où les gens ne peuvent choisir avec qui s'associer", argumente-t-il, ajoutant que: "Le chômage mène à l'absence d'espoir et l'absence d'espoir mène à ce que nous voyons dans les rues de notre pays actuellement".- "Démocratie de marques" -D'après le think tank progressiste Economic Policy Institute, le revenu moyen des ménages blancs était en 2018 de 70.642 dollars contre 41.692 pour les ménages noirs. En février, avant la pandémie, le taux de chômage était de 5,8% pour les personnes noires et de 3,1% seulement chez les Blancs.Pour Mellody Hobson, co-directrice générale de la société d'investissements Ariel Investments, "quand on observe la hiérarchie des entreprises en Amérique, du sommet à la base, on s'aperçoit que les Américains noirs et hispaniques n'y figurent pas, comme si nous n'existions pas dans ce pays"."C'est inacceptable", déplore cette femme d'affaires afro-américaine.Elle enjoint les entreprises à mettre en pratique leurs engagements en matière de bonne gouvernance et conseille aux actionnaires d'utiliser leur vote pour sanctionner les sociétés récalcitrantes.Des experts préconisent en outre l'adoption d'une politique de quotas comme la "Rooney Rule". C'est un mécanisme mis en place par la ligue professionnelle de football américain (NFL), demandant aux équipes d'auditionner un candidat issu des minorités visibles à chaque fois qu'un poste d'entraîneur se libère afin de leur donner accès à des postes de dirigeants."Si les milieux d'affaires américains sont véritablement sérieux sur le racisme, il est nécessaire d'avoir des règles comme celles-là en place", insiste Hank Boyd, professeur de marketing à l'université du Maryland.Une autre piste serait d'embaucher des minorités visibles à des postes à responsabilités, d'investir dans des startups créées par des Afro-Américains et des Hispaniques et que des cadres dirigeants de grandes entreprises rejoignent en parallèle des conseils d'administration d'ONG présentes dans des quartiers défavorisés, prône Richard Edelman.Pour lui, il y va de l'intérêt des sociétés parce que deux-tiers des consommateurs, et en l'occurrence les "millennials" (17-35 ans) dont un grand nombre manifeste actuellement, achètent en fonction de leurs valeurs. "Ils pratiquent la démocratie de marques. Chaque fois qu'ils vont dans un magasin, ils veulent savoir si leurs marques les représentent vraiment", avance M. Edelman."Il fut un temps où les entreprises disaient qu'elles ne voulaient pas prendre de parti, qu'elles étaient la Suisse (neutres). Ce n'est plus possible", renchérit Hank Boyd. "C'est une nouvelle ère".