Les hauts salaires sont-ils un handicap pour une économie ? Non, répond Matthias Somers, du think tank " progressiste " flamand Minerva. En gros, dit-il, il existe un cercle vertueux entre des salaires élevés, une productivité élevée, un taux d'investissement des entreprises élevé et une amélioration du bien-être.
...

Les hauts salaires sont-ils un handicap pour une économie ? Non, répond Matthias Somers, du think tank " progressiste " flamand Minerva. En gros, dit-il, il existe un cercle vertueux entre des salaires élevés, une productivité élevée, un taux d'investissement des entreprises élevé et une amélioration du bien-être. Les salaires élevés rendent en effet plus intéressants les investissements qui permettent d'épargner du temps de travail. Grâce à ces investissements, la productivité du travail augmente. Cette hausse de la productivité créé à son tour une marge qui peut être utilisée pour augmenter les salaires ou la rémunération du capital. Matthias Somers ajoute que le raisonnement inverse est également valide : des salaires faibles amènent moins d'investissements et, finalement, affaiblissent la productivité. L'économiste renvoie d'ailleurs au Royaume-Uni, qui s'est engagé dans une course à la baisse du taux nominal de l'impôt de société et qui pourtant, en proportion, attire moins d'investissements d'entreprises que notre pays. Les statistiques appuient cet argument. L'an dernier, chez nous, les entreprises non financières ont investi un montant équivalent à 25,3 % du PIB, contre seulement 20,3 % aux Pays-Bas, 20 % en Allemagne ou 16,7 % au Royaume-Uni... De plus, en Belgique, ce ratio a augmenté au cours de ces 10 dernières années, alors qu'il a plutôt stagné voire décru chez nos voisins (la France exceptée). On dira peut-être que cette évolution ne fait que refléter la tonicité de notre démographique par rapport à celle de nos voisins. Mais ce n'est pas vrai : même rapporté par habitant, l'investissement des entreprises belges est plus élevé qu'ailleurs (il dépasse 8.000 euros par habitant chez nous, contre environ 7.500 euros aux Pays-Bas et en Allemagne). Ces liens entre productivité et salaires créent un cercle vertueux dont profite l'ensemble de l'économie, explique encore Matthias Somers. Une hausse de la productivité signifie moins de temps de travail, et des prix moins élevés, ou, autrement dit, davantage de temps libre et de pouvoir d'achat. Parallèlement, une meilleure productivité amène une meilleure rémunération du capital et (ou) des salaires plus élevés. Enfin, Matthias Somers pointe aussi l'importante " montagne de cash " qui sommeille dans les entreprises : une montagne qui s'élève désormais à 117 milliards alors qu'elle ne représentait que 47 milliards en 1999. En général, donc, nos entreprises n'ont pas de problèmes pour financer leurs investissements. Ce qui manque, ce n'est pas l'argent. Ce sont plutôt les projets.