Les chefs d'entreprise en sont convaincus. Les bienfaits et le potentiel de l'intelligence artificielle leur paraissent évidents. Ils sont d'ailleurs 80% à penser que celle-ci aura un impact considérable sur les activités. En pratique pourtant, les entreprises belges sont à la traîne. À peine un tiers des entreprises belges ont mis en oeuvre l'une ou l'autre technologie d'IA. C'est ce que révèle une étude menée au mois de mai et juin de cette année par Ivox sur demande d'Avanade, le principal fournisseur de services numériques, de cloud ou de solutions IA de l'écosystème Microsoft, qui s'est basé sur les réponses de 150 Belges occupant une fonction managériale importante au sein de leur entreprise.

Les résultats sont aussi la résultante d'une plus vaste étude, menée celle-ci plus tôt dans l'année par Forbes Insights en collaboration avec Microsoft, Accenture et Avanade, qui a sondé plus de 300 cadres technologiques.

Mais pourquoi les entreprises sont-elles réticentes à recourir à cette technologie ? Selon l'étude, c'est le manque de clarté quant à l'utilisation spécifique de celle-ci au sein de l'organisation qui freinerait ces sociétés. Plusieurs chiffres viennent en outre appuyer les résultats de cette enquête.

Par exemple, on apprend qu'un tiers à peine (31%) des entreprises belges ont des applications d'analyse de numérisation des données hautement intégrées, alors que la moyenne mondiale avoisine les 90%. Autre chiffre : 39% de ces compagnies prévoient d'intégrer l'IA dans leurs activités, mais aussi que plus d'un décideur d'entreprise sur deux admet ne pas comprendre entièrement les technologies d'IA et leurs applications spécifiques.

"Nous constatons que les chefs d'entreprise belges ont envie d'adopter l'IA, mais qu'ils hésitent clairement. Alors que la technologie est souvent présentée comme essentielle pour doper l'efficience et l'efficacité opérationnelle, les dirigeants ont du mal à comprendre comment et où elle aura le plus d'impact au sein de leur entreprise", déclare Patrick Tack, expert en données et en IA chez Avanade Belgique.

Les entreprises inquiètes

Plus de la moitié des sondés admettent ne pas comprendre complètement la technologie et ses applications spécifiques au sein de l'entreprise. Il semble néanmoins que les cadres supérieurs aient une meilleure maîtrise de la question : 28 % d'entre eux indiquent ne pas comprendre pleinement l'IA, contre 43 % des directeurs. On craint également qu'un manque de compréhension cause des problèmes dans l'ensemble de l'organisation. Près d'un tiers des chefs d'entreprise belges (29 %) pensent, en effet, que leurs travailleurs sont nerveux et même inquiets par rapport à l'IA.

Une clarté et une transparence accrues quant aux avantages et aux cas d'utilisation de l'IA réduiront sans aucun doute cette inquiétude. La grande majorité des chefs d'entreprise belges estiment qu'il leur incombe de veiller à ce que les données et les outils analytiques soient compréhensibles aux yeux des collaborateurs (82 %) et des consommateurs (78 %). Pour ce faire, la majorité d'entre eux cherchent malgré tout une aide extérieure : presque tous les décideurs d'entreprises belges (81 %) pensent qu'il est nécessaire de faire appel, d'une part, à des analystes et à des stratèges pour clarifier les résultats des algorithmes d'IA ainsi que leur impact commercial et, d'autre part, à des éthiciens pour garantir une utilisation éthique des données et de l'IA.

"L'IA peut véritablement aider une entreprise à poursuivre sa croissance, à condition d'être déployée correctement. Il est bon de voir que les chefs d'entreprise belges reconnaissent la nécessité d'une aide spécialisée. Ils auront ainsi plus de temps pour travailler avec l'ensemble de l'organisation afin d'expliquer les avantages qui découleront de la mise en oeuvre et d'offrir la formation nécessaire pour lever toute inquiétude. Le recours à des experts contribuera également à la création d'un cadre d'éthique numérique qui garantira une utilisation correcte et sûre de la technologie et des données connexes dans l'ensemble de l'organisation", conclut Patrick Tack.