Les attentats terroristes de mars ont bridé la croissance de notre économie de près de 0,6 %. Soit plus que l'écart entre la croissance attendue cette année (1,2 % selon la Commission européenne) et la moyenne de la zone euro (1,7%). Telle est la conclusion d'une étude d'une vingtaine de pages, que vient de publier la FEB. La fédération patronale appuie son analyse sur le sort des quatre secteurs les plus exposés, à savoir l'horeca, le commerce, l'événementiel et le transport aérien. D'avril à septembre, le nombre de nuitées en Belgique est resté bloqué 15 à 20 % en dessous du chiffre 2015 (qui était une t...

Les attentats terroristes de mars ont bridé la croissance de notre économie de près de 0,6 %. Soit plus que l'écart entre la croissance attendue cette année (1,2 % selon la Commission européenne) et la moyenne de la zone euro (1,7%). Telle est la conclusion d'une étude d'une vingtaine de pages, que vient de publier la FEB. La fédération patronale appuie son analyse sur le sort des quatre secteurs les plus exposés, à savoir l'horeca, le commerce, l'événementiel et le transport aérien. D'avril à septembre, le nombre de nuitées en Belgique est resté bloqué 15 à 20 % en dessous du chiffre 2015 (qui était une très bonne année avant que les attentats de Paris et leurs ramifications belges ne plombent les deux derniers mois). Cela a évidemment eu des répercussions en cascade sur la restauration et ses fournisseurs (alimentation, agriculture). Le commerce a, lui, enregistré un recul du volume des ventes de l'ordre de 2 à 3 %, avec des pics en Région bruxelloise : la croissance des dépenses des ménages est passée de 1,2 % au début 2015 à 0,3 % du deuxième trimestre 2016. Cela s'explique par un recul de la confiance des consommateurs et une réticence aux déplacements, qui a entraîné à la fois une baisse des achats impulsifs et une hausse des achats en ligne au profit d'acteurs étrangers. " Les attentats terroristes sont venus se greffer sur une faiblesse structurelle de l'économie belge ", ajoute la FEB. L'un dans l'autre, on arrive à un impact négatif de 0,57 % du PIB, ce qui aurait privé la Belgique de la création de 8.000 à 9.500 emplois. Conséquence : hausse des dépenses de chômage et de sécurité, baisse des recettes fiscales, pour un impact total de 2 milliards d'euros dans le budget 2016. Sans ces attentats, le déficit de la Belgique s'établirait à 2,5 % du PIB au lieu de flirter avec les 3 %. Cette étude a de quoi surprendre car, en septembre dernier, le Bureau du Plan écrivait que " l'impact macroéconomique négatif des attentats de la fin mars semble avoir été largement compensé par la demande intérieure et extérieure ". Le Plan limite cet impact à 0,1 % du PIB. Comment peut-on arriver à une telle différence ? A cause du décalage temporel, d'une part. La FEB dispose de données plus récentes et complètes que le Bureau du Plan, dont l'estimation remontait au mois de juin. A cause de la méthode, d'autre part. Les uns ont détaillé les impacts de quelques secteurs tandis que les autres ont adopté une approche macro, qui intègre des effets compensatoires : les ménages qui ont été moins souvent au restaurant ont peut-être dépensé autrement leur argent. Laissons la conclusion à Bernard Kepenne, chief economist de CBC. Il craint que le chiffre de la FEB ne soit " un peu gonflé " et se range plutôt derrière l'analyse du Bureau du Plan. Pour lui, si la croissance belge reste hésitante, c'est en raison du ralentissement du commerce international, de la politique protectionniste escomptée aux Etats-Unis, du Brexit, du climat social et " toujours d'un coût de la main-d'oeuvre trop élevé par rapport à nos plus proches voisins ".