"Couvrez ce sein que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées, et cela fait venir de coupables pensées. " Foin de Tartuffe ici. Il ne faut pas couvrir mais bien découvrir ce sein qui est encore trop souvent frappé de ce " mal du siècle " qu'est le cancer.
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"Couvrez ce sein que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées, et cela fait venir de coupables pensées. " Foin de Tartuffe ici. Il ne faut pas couvrir mais bien découvrir ce sein qui est encore trop souvent frappé de ce " mal du siècle " qu'est le cancer. Les chiffres sont sans appel. En 2018, le cancer du sein est de loin le plus fréquent dans le monde chez les femmes (24%) avec 2,1 millions de personnes diagnostiquées et pas moins de 627.000 décès dont 98.755 en Europe. " C'est aussi celui qui tue le plus en nombre absolu, rappelle Serge Schmitz, chief philanthropy officer de BIG. L'année dernière en Belgique, ce sont 11.851 cas qui ont été détectés et la maladie a provoqué le décès de 2.463 personnes. Notre pays est l'un des pays les plus concernés par le cancer du sein puisque ce dernier représente presque un tiers des cancers diagnostiqués chez la femme (31%). C'est le taux le plus élevé au monde. " Au début des années 1990, la recherche sur le cancer du sein en Europe était morcelée. Différentes équipes universitaires menaient ainsi, chacune dans leur laboratoire, des études et essais parfois similaires, sans communiquer entre elles. Cette situation a amené deux docteurs, Martine Piccart et Aron Goldhirsch, à fonder en 1999 le Breast International Group (BIG). Leur vision : des équipes discutant des résultats de leurs dernières recherches, échangeant des idées sur de nouveaux essais cliniques et menant des études ensemble. Objectif : contribuer au développement plus rapide de meilleurs traitements et améliorer les chances de guérison. Au départ centrée sur l'Europe, BIG a rapidement intéressé les autres continents. Des structures australienne, canadienne, japonaise, indienne, etc., ont rejoint l'association internationale dont le siège est à Bruxelles et qui occupe une quarantaine de personnes, essentiellement des scientifiques. Aujourd'hui, BIG est connu du grand public sous le nom de " BIG against breast cancer " permettant ainsi de mieux préciser l'objet de l'organisation. Celle-ci est désormais présente dans plus de 50 pays et forme le plus grand réseau mondial de groupes académiques de recherche dédié à la découverte des remèdes contre le cancer du sein. Ces 57 groupes sont connectés à plus de 3.000 hôpitaux à travers le monde. " Notre business concerne les études cliniques, poursuit Serge Schmitz. Celles-ci consistent à tester les nouveaux traitements et à vérifier s'ils sont meilleurs que les précédents (plus efficaces et/ou avec moins d'effets secondaires néfastes) et s'ils peuvent ainsi potentiellement devenir le nouveau standard de soin. Lorsqu'il s'agit d'un nouveau médicament développé par l'industrie pharmaceutique, l'étude est logiquement entièrement financée par celle-ci. Mais des études cliniques dites académiques sont également menées. Cette recherche, avant tout axée sur les enjeux des patientes, ne présente pas d'intérêt commercial et n'est pas soutenue par l'industrie pharmaceutique. Ces études cliniques académiques doivent donc être financées à l'aide d'autres sources telles que bailleurs publics et privés, mécènes, entreprises, etc. D'où l'intérêt pour BIG de disposer d'un département Philanthropie dont le but est de trouver du financement pour ces dernières. " Entre 2012 et 2018, plus de 97 millions d'euros sont passés par BIG pour financer ces études classiques et académiques. " Les fonds que nous récoltons sont directement affectés à des projets dans lesquels nous sommes clairement impliqués, précise Serge Schmitz. D'ailleurs, 94,7% de nos revenus sont directement investis dans ces études. En d'autres termes, nous ne fonctionnons pas via des appels à projets auxquels des acteurs de terrain doivent répondre. Les études cliniques académiques que nous menons avec les membres de notre réseau font l'objet d'une description détaillée, d'un budget, d'un planning. Et à intervalles réguliers, nous communiquons un reporting des progrès de ces études. " Parmi celles qui ont eu un réel impact en matière de santé pour les patientes, on peut notamment citer " MINDACT ". Il s'agit d'une analyse génétique qui a pour but de mieux choisir les traitements et d'éviter la chimiothérapie (et ses effets secondaires) à des patientes qui n'en ont pas besoin. L'étude a impliqué 7.000 personnes et le test génétique a permis à près de 50% des patientes d'éviter, en toute sécurité, une chimio. Actuellement, parmi les études qui se mettent en place et qui sont en quête de financement, mentionnons " BIG Time for Baby " et le GPS du cancer du sein métastasique. La première s'adresse aux femmes en âge d'avoir un enfant. Il faut savoir qu'une patiente sur six est diagnostiquée pendant ses années de fertilité. Or, beaucoup d'entre elles doivent suivre un traitement hormonal afin d'éviter toute récidive, traitement qui peut durer de 5 à 10 ans et qui n'est pas conciliable avec une grossesse. Cette étude clinique vise donc à évaluer si l'interruption du traitement hormonal pendant maximum deux ans, en vue de tomber enceinte après un cancer du sein, est sans danger. La seconde, tel un GPS, ambitionne d'identifier les changements de direction (aberrations génétiques) et de cartographier les itinéraires empruntés par les cellules cancéreuses pour envahir d'autres organes. Forts de ces connaissances, les médecins pourraient plus facilement stopper ces cellules ou modifier leur trajet en sélectionnant le meilleur traitement possible. Le saviez-vous : une femme sur huit (et 1 homme sur 800) sera confrontée à un cancer du sein au cours de sa vie. Nous avons tous un membre de la famille, une amie qui en a été victime. Ou une collègue... Voilà pourquoi, ces dernières années, BIG a diversifié les offres de collaboration que les entreprises peuvent nouer avec l'association. " Les partenariats peuvent prendre différentes formes, explique Mathilde Jooris, philanthropy partnerships manager. Par exemple, le fabricant de bougies Baobab a lancé une collection exclusive de bougies parfumées appelée Women & Gentlemen afin de nous soutenir. " Il existe plusieurs packs. " Patronage RSE " associe par exemple l'entreprise à BIG dans un partenariat à long terme. Le pack " Mes employés sont importants " comprend une palette d'options à destination du personnel (séances d'information internes, activités sportives, expositions, concerts privés, etc. ). Le pack " Pink Marketing " alloue un pourcentage d'un produit ou service spécifique à BIG - c'est l'exemple de la collection imaginée par Baobab Collection. Le pack " BIG Visibilité " a été élaboré avec différents médias et permet d'augmenter la visibilité de l'entreprise. Enfin, last but not least, il y a le pack " BIG Events ". BIG organise chaque année plusieurs événements tant en Belgique qu'à l'étranger qui lui permettent de cultiver sa relation avec un réseau croissant de donateurs, partenaires et ambassadeurs. En tant que sponsor, l'entreprise peut devenir un partenaire privilégié de ces événements, soit en fournissant un soutien financier, soit en offrant des dons en nature pour des prix et/ou services qui seront inclus dans une tombola ou mis aux enchères lors de ces soirées. Parmi les prochains événements, signalons d'ailleurs celui du 14 novembre prochain à l'Hôtel de la Poste à Bruxelles. Cette surprenante soirée intitulée " From Shadow to Light " et spécialement destinée aux entreprises, célébrera les 20 ans de "BIG against breast cancer".