Les prix ont doublé en un an et restent élevés alors même que la demande a chuté cet automne. "On est dans une bulle, ça va finir par redescendre", estime Eric Vial, directeur général de Propellet, l'association nationale du chauffage aux granulés de bois ("pellet" en anglais).

La douceur de l'automne et la reconstitution progressive des stocks ont déjà fait baisser la pression.

Dans l'arrière pays de Nice (sud), Philippe B., 67 ans, trouve enfin des sacs de 15 kg de granulés "à 8,99 euros": "C'est mieux qu'il y a quelques semaines où c'était 14,99 euros, mais on est encore au double de l'année dernière".

Faudra-t-il importer?

Le granulé est un sous-produit de la première transformation du bois: lorsqu'un tronc arrive en scierie, environ 50% est transformé en bois d'oeuvre ou en emballage bois et les 50% restants sont des chutes (copeaux) et de la sciure.

Considérés comme une énergie renouvelable par l'Union européenne, les granulés sont de petits cylindres de sciure de résineux compressée, vantés par le secteur comme "un combustible homogène et dense", au très faible taux d'humidité (inférieur à 10%), ce qui "lui confère un haut pouvoir calorifique et permet aux appareils de chauffage d'avoir un excellent rendement".

La demande ne cesse de progresser. Selon Frédéric Plan, directeur général de la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage (FF3C), "les besoins annuels en granulés sont passés d'1,8 million de tonnes en 2020-21, à 2 millions en 2021-22 et sont estimés à environ 2,4 millions cette année".

Il estime la capacité de production française à quelque 2 millions de tonnes: "il faudra donc peut-être importer 400.000 tonnes. Tout dépendra de la rigueur de l'hiver".

Stockage préventif

Aujourd'hui, 1,7 million de foyers français se chauffent au granulé (des poêles à 90%), selon Eric Vial. A comparer aux 2,8 millions se chauffant au fioul.

La demande a flambé à partir du printemps, conséquence de l'anxiété de consommateurs face à la guerre en Ukraine et à l'explosion des coûts du gaz et de l'électricité. Les poêles à granulés, qui étaient souvent un chauffage d'appoint, ont été allumés plus tôt ou ressortis des placards.

Le nombre d'installations de chaudières avait augmenté de 120% entre 2020 et 2021, rappelle Eric Vial, ce qui a contribué à "une augmentation globale de la consommation de granulés de 10 à 15%". Et aussi un "changement de comportement des acheteurs" qui "ont voulu dès le mois de mars être livrés pour toute leur consommation annuelle".

Carine Pechavy, qui dirige l'entreprise familiale du même nom installée depuis plus de cent ans dans le Lot-et-Garonne, et livre dans toute la région du Sud-Ouest, a dû refuser de nouveaux clients et restreindre ses livraisons.

"Certains clients voulaient 3 à 4 tonnes alors qu'ils consomment annuellement une tonne, on leur a donné 1 à 1,5 tonne", explique-t-elle.

Prix doublé

"Les granulés sont passés de 350 euros la tonne l'an dernier à entre 700 et 900 euros au début de l'automne", selon Frédéric Plan de FF3C.

La ruée du printemps a certes contribué à la hausse des prix, mais la filière était déjà en tension, selon Hervé Dumanoir, entrepreneur dans la Somme (nord).

Sa société Flandre Energies a vu ses ventes de granulés "doubler en cinq ans" et "l'offre baisser" après la crise sanitaire, "parce que les scieries ont ralenti leur activité: moins de bois d'oeuvre, c'est moins de chutes pour faire des pellets".

"On partait avec des stocks bas quand la guerre en Ukraine a débuté. Et la Russie et l'Ukraine fournissaient entre 10 et 15% des importations européennes de granulés", ajoute-t-il.

La folie est telle qu'elle a nourri les arnaques, au point que les professionnels recommandent de ne payer qu'à la livraison des granulés.

Les prix ont doublé en un an et restent élevés alors même que la demande a chuté cet automne. "On est dans une bulle, ça va finir par redescendre", estime Eric Vial, directeur général de Propellet, l'association nationale du chauffage aux granulés de bois ("pellet" en anglais).La douceur de l'automne et la reconstitution progressive des stocks ont déjà fait baisser la pression. Dans l'arrière pays de Nice (sud), Philippe B., 67 ans, trouve enfin des sacs de 15 kg de granulés "à 8,99 euros": "C'est mieux qu'il y a quelques semaines où c'était 14,99 euros, mais on est encore au double de l'année dernière".Le granulé est un sous-produit de la première transformation du bois: lorsqu'un tronc arrive en scierie, environ 50% est transformé en bois d'oeuvre ou en emballage bois et les 50% restants sont des chutes (copeaux) et de la sciure.Considérés comme une énergie renouvelable par l'Union européenne, les granulés sont de petits cylindres de sciure de résineux compressée, vantés par le secteur comme "un combustible homogène et dense", au très faible taux d'humidité (inférieur à 10%), ce qui "lui confère un haut pouvoir calorifique et permet aux appareils de chauffage d'avoir un excellent rendement".La demande ne cesse de progresser. Selon Frédéric Plan, directeur général de la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage (FF3C), "les besoins annuels en granulés sont passés d'1,8 million de tonnes en 2020-21, à 2 millions en 2021-22 et sont estimés à environ 2,4 millions cette année".Il estime la capacité de production française à quelque 2 millions de tonnes: "il faudra donc peut-être importer 400.000 tonnes. Tout dépendra de la rigueur de l'hiver".Aujourd'hui, 1,7 million de foyers français se chauffent au granulé (des poêles à 90%), selon Eric Vial. A comparer aux 2,8 millions se chauffant au fioul.La demande a flambé à partir du printemps, conséquence de l'anxiété de consommateurs face à la guerre en Ukraine et à l'explosion des coûts du gaz et de l'électricité. Les poêles à granulés, qui étaient souvent un chauffage d'appoint, ont été allumés plus tôt ou ressortis des placards.Le nombre d'installations de chaudières avait augmenté de 120% entre 2020 et 2021, rappelle Eric Vial, ce qui a contribué à "une augmentation globale de la consommation de granulés de 10 à 15%". Et aussi un "changement de comportement des acheteurs" qui "ont voulu dès le mois de mars être livrés pour toute leur consommation annuelle".Carine Pechavy, qui dirige l'entreprise familiale du même nom installée depuis plus de cent ans dans le Lot-et-Garonne, et livre dans toute la région du Sud-Ouest, a dû refuser de nouveaux clients et restreindre ses livraisons."Certains clients voulaient 3 à 4 tonnes alors qu'ils consomment annuellement une tonne, on leur a donné 1 à 1,5 tonne", explique-t-elle."Les granulés sont passés de 350 euros la tonne l'an dernier à entre 700 et 900 euros au début de l'automne", selon Frédéric Plan de FF3C.La ruée du printemps a certes contribué à la hausse des prix, mais la filière était déjà en tension, selon Hervé Dumanoir, entrepreneur dans la Somme (nord).Sa société Flandre Energies a vu ses ventes de granulés "doubler en cinq ans" et "l'offre baisser" après la crise sanitaire, "parce que les scieries ont ralenti leur activité: moins de bois d'oeuvre, c'est moins de chutes pour faire des pellets". "On partait avec des stocks bas quand la guerre en Ukraine a débuté. Et la Russie et l'Ukraine fournissaient entre 10 et 15% des importations européennes de granulés", ajoute-t-il.La folie est telle qu'elle a nourri les arnaques, au point que les professionnels recommandent de ne payer qu'à la livraison des granulés.