L'engagement ferme de relancer Alpine, après 20 ans de sommeil, "nous a été annoncé en comité d'entreprise la semaine dernière", a indiqué Patrick Carel, délégué syndical de l'usine de Dieppe, confirmant une information dévoilée par le magazine Challenges. La résurrection de la marque qui avait connu son heure de gloire dans les années 1960 et 1970 sur les circuits fermés, en rallye et entre les mains de passionnés, était déjà évoquée par Renault depuis trois ans, mais s'était heurtée à plusieurs obstacles.

Renault avait annoncé fin 2012 avoir noué un partenariat avec le britannique Caterham, présent en Formule 1, pour produire à Dieppe, fief historique d'Alpine, une voiture de sport vendue sous les deux marques.

Mais le milliardaire malaisien Tony Fernandes, propriétaire de Caterham, avait revendu son équipe à la mi-2014 à un consortium d'investisseurs suisses et moyen-orientaux, et s'était désengagé de sa collaboration avec la firme au Losange.

Le retour d'Alpine devait aussi beaucoup à Carlos Tavares, ancien numéro deux de Renault passionné de sports mécaniques. Son passage à la concurrence début 2014, lorsqu'il avait pris la présidence du directoire de PSA Peugeot Citroën, avait alimenté les rumeurs d'une annulation du projet.

Selon Challenges, M. Ghosn a consenti à un investissement de 600 millions d'euros pour relancer Alpine, et un prototype préfigurant le modèle de série pourrait faire son apparition en marge du circuit automobile "les 24 Heures du Mans" (centre), à la mi-juin. Le journal évoque même un projet de SUV (4x4 urbain) dans les tuyaux, à l'instar de ce que prévoit l'Italien Maserati.

Contacté par l'AFP pour confirmer ces éléments, le service de presse de Renault n'a pas réagi dans l'immédiat mercredi soir.