Le défi est osé et surtout inédit. Il y a trois jours à peine, deux figures emblématiques du journal L'Echo - le rédacteur en chef Joan Condijts et le journaliste politique Martin Buxant - ont annoncé qu'ils rompaient avec leur quotidien pour lancer un nouveau média sur le marché belge, épaulés par un troisième associé, Boris Portnoy, serial entrepreneur dans le milieu audiovisuel (il a notamment fondé Keynews, gros fournisseur de programmes pour RTL-TVI).
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Le défi est osé et surtout inédit. Il y a trois jours à peine, deux figures emblématiques du journal L'Echo - le rédacteur en chef Joan Condijts et le journaliste politique Martin Buxant - ont annoncé qu'ils rompaient avec leur quotidien pour lancer un nouveau média sur le marché belge, épaulés par un troisième associé, Boris Portnoy, serial entrepreneur dans le milieu audiovisuel (il a notamment fondé Keynews, gros fournisseur de programmes pour RTL-TVI). Baptisé LN24 (pour Les News 24), leur futur bébé sera la toute première chaîne d'information en continu en Belgique et se déclinera en des versions spécifiques pour la télévision dite " classique " et les supports en ligne (site internet, application mobile, réseaux sociaux). Ce nouveau média devrait être lancé dans le courant du premier semestre 2019 et peut-être même avant les élections fédérales du 26 mai, si tout se met correctement en place. Pour mener à bien leur projet, le trio Condijts-Buxant-Portnoy a réussi à convaincre quatre grands acteurs économiques de mettre la main au portefeuille. Belfius Insurance, Besix, Giles Daoust (CEO de la société d'intérim du même nom) et Ice-Patrimonial (propriété de Jean-Pierre Lutgen, le patron d'Ice-Watch) ont ainsi largement contribué à la constitution du capital de LN24, soit 4,5 millions d'euros au total, le solde étant apporté par les trois fondateurs. Ambitieux, le projet entend offrir de " l'information politique et économique de premier plan ", sept jours sur sept, 24 heures sur 24, et privilégier " une approche journalistique tournée vers les solutions ", précise le communiqué de la chaîne. Selon quel business model ? " LN24 sera gratuite et c'est le modèle publicitaire qui prévaudra ", répond Boris Portnoy, en charge de la direction opérationnelle. Il ajoute toutefois que d'autres sources de revenus sont à l'étude. A la question de savoir si le marché belge n'est pas trop petit pour une telle chaîne d'infos en continu, l'homme de télévision poursuit sur sa lancée optimiste et enthousiaste : " Le marché est trop étroit si on l'aborde avec une vision passéiste des médias, enchaîne Boris Portnoy. LN24 sera en adéquation avec le marché d'aujourd'hui parce que nous allons fonctionner de manière disruptive, en travaillant aussi avec du matériel léger pour être en phase avec les usages qui sont en vogue sur les réseaux sociaux. Cela dit, nous n'allons pas bousculer le paysage médiatique belge pour autant. Nous allons plutôt le compléter avec une offre inédite qui mise sur l'information 24 heures sur 24. " Soutenu par un actionnariat solide qui salue " l'approche entrepreneuriale et le professionnalisme " du trio fondateur, LN24 devrait s'installer prochainement dans le " quartier des médias " à Bruxelles où se trouvent déjà les sièges de la RTBF, de RTL Belgique et du N-Group (Nostalgie, NRJ), et surtout créer une trentaine d'emplois dans les tout prochains mois.