Si l'on additionne le montant de leurs liquidités à celui de leurs placements à court terme, le bas de laine des entreprises s'élevait à 253,3 milliards d'euros fin 2014. C'est près de 18 milliards de plus qu'en 2013 (où la cassette des sociétés belges atteignait 235,6 milliards) et 31,4 milliards de plus qu'en 2012 (221,6 milliards).
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Si l'on additionne le montant de leurs liquidités à celui de leurs placements à court terme, le bas de laine des entreprises s'élevait à 253,3 milliards d'euros fin 2014. C'est près de 18 milliards de plus qu'en 2013 (où la cassette des sociétés belges atteignait 235,6 milliards) et 31,4 milliards de plus qu'en 2012 (221,6 milliards). Quelques précisions cependant. Ce bas de laine se décompose pour moitié en liquidités (le montant total des comptes à vue des sociétés frôlait 116 milliards fin 2014) et pour moitié (137,4 milliards) en placements à court terme (de quelques jours à un an au maximum). Attention. Les liquidités ne sont pas nécessairement de l'épargne, car les entreprises ont besoin de fonds de roulement pour fonctionner. "Mais les besoins en fonds de roulement des entreprises sont restés stables au cours de ces dernières années", souligne Pascal Flisch, qui précise que les délais de paiement en Belgique n'ont pas évolué sensiblement et se maintiennent toujours aux alentours de 43 jours, "ce qui n'est pas excessif", d'après lui.Autre remarque : il s'agit de montants bruts. Les entreprises ont aussi des dettes. Cependant, l'évolution de leur endettement reste elle aussi très sage. Les chiffres de la Banque nationale montrent que les engagements (les dettes) des entreprises non financières sont passés, de 2006 à 2014, de 1.124 à 1.754 milliards d'euros, alors que dans le même temps leurs actifs financiers sont passés de 779 milliards à 1.394 milliards. L'écart reste donc stable. Certes, contrairement aux ménages qui possèdent un patrimoine financier net de plus de 1.000 milliards, les entreprises affichent un patrimoine financier négatif de 350 milliards d'euros. Mais la structure financière d'une société n'est pas celle d'une famille. De plus, même si les taux notionnels ont corrigé en partie ce biais, notre système fiscal favorise la dette des entreprises. Celles-ci peuvent déduire les intérêts qu'elles paient de leur profit et donc réduire ainsi leur base taxable, ce qui accroît donc le taux de profit par action... "Au total, les entreprises ont donc plus de 253 milliards de liquidités sur les comptes, résume Pascal Flisch. C'est une croissance de 7,5 % par rapport à 2013 et de 14,3 % par rapport à 2012. Largement plus que l'inflation. Les entreprises ne manquent donc pas de liquidités, mais plutôt de confiance et de projets", poursuit-il. En effet, on ne peut pas dire que les investissements reprennent vraiment. Ils s'élevaient à 86 milliards en 2012, ils avaient progressé à 134 milliards en 2013, mais ils sont retombés à 91 milliards en 2014. L'augmentation des montants versés par les entreprises comme dividende est un autre signe du peu de volonté des entreprises d'utiliser leur trésor pour investir . "A 54,5 milliards, ils sont en croissance de 6.6 % par rapport à 2013, qui était en croissance de 30,2 % par rapport à 2012, note Pascal Flisch. On se rappelle que le gouvernement avait pris des mesures fiscales qui avaient causé un rush (la hausse de la fiscalité sur les boni de liquidations, Ndlr). Mais ensuite, faute de meilleur projet peut-être, le mouvement n'est pas découragé." La sortie de crise est donc lente, très lente.