Dans une déclaration à l'Autorité des marchés financiers, M. Kretinsky a indiqué posséder, via sa société luxembourgeoise Vesa Equity Investment, 5,05% du capital et des droits de vote du groupe de télévision.

Cette opération ne se fait pas en accord avec le groupe Bouygues, principal actionnaire de TF1, mais "ne lui est en aucune façon hostile bien au contraire", a déclaré Daniel Kretinsky aux Echos.

"TF1 est une société dans laquelle nous croyons en raison de sa solidité. Nous croyons également à la fusion avec M6 à laquelle nous sommes très favorables", a-t-il ajouté.

Selon le journal économique, le milliardaire pourrait d'ailleurs augmenter sa participation.

Avant de pouvoir se concrétiser, le projet de fusion entre les deux groupes de télévision TF1 et M6, annoncé en mai dernier, doit obtenir l'aval de plusieurs instances de régulation, dont l'Autorité de la concurrence et le Conseil de l'audiovisuel (CSA), qui doivent statuer au premier semestre 2022.

Il est "naturel" et "compréhensible" que les acteurs du paysage audiovisuel français se "mettent en ordre de marche" pour "développer leur capacité d'investissement et une sorte de souveraineté culturelle", a déclaré la semaine dernière Roch-Olivier Maistre, le président du CSA.

La fusion entre TF1 et M6/RTL, aujourd'hui propriété du groupe allemand Bertelsmann via RTL Group, doit également obtenir l'assentiment de l'Autorité de la concurrence pour créer un acteur représentant les trois quarts du marché français de la publicité sur la télévision gratuite.

Les investissements divers et variés de Kretinsky

Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, qui a annoncé mardi posséder 5% du capital de TF1, s'est fait connaître en France grâce à son entrée fracassante au capital de grands médias français, mais il a également investi dans la distribution ou l'industrie dans d'autres pays:

MÉDIAS

Déjà à la tête d'un petit empire médiatique dans son pays et d'un puissant groupe énergétique, mais inconnu en France, le magnat tchèque arrive sur le marché hexagonal avec fracas en 2018 en rachetant au groupe Lagardère Active plusieurs grandes publications ainsi que ses stations de radio en Europe de l'Est.

CMI France, filiale de Czech Media Invest (CMI), devient alors le propriétaire de titres comme Elle, Arts & décoration, Télé 7 Jours, France Dimanche, Ici Paris et Public. Il prend également le contrôle de l'hebdomadaire Marianne.

Poursuivant sur sa lancée, l'entrepreneur fait une entrée surprise au capital du quotidien Le Monde en rachetant, fin 2018, 49% des parts du banquier Matthieu Pigasse dans Le Monde libre (LML), société qui contrôle le journal, une arrivée qui crée des tensions au sein du journal.

Un an de discussions mouvementées plus tard, les autres actionnaires Xavier Niel et Matthieu Pigasse acceptent d'accorder un "droit d'agrément" réclamé par la rédaction depuis l'arrivée de Daniel Kretinsky, mesure qui confère un droit de regard en cas de changement de contrôle résultant de l'arrivée d'un nouvel actionnaire majoritaire, et qui doit contribuer à garantir l'indépendance éditoriale du quotidien.

Mardi, dans une déclaration à l'Autorité des marchés financiers, M. Kretinsky a indiqué posséder, via sa société luxembourgeoise Vesa Equity Investment, 5,05% du capital et des droits de vote de TF1. Il était entré au capital du groupe de télévision en 2019.

DISTRIBUTION

En 2019, l'entrepreneur avait fait son entrée au capital du distributeur Casino, alors sous pression pour réduire sa dette, en prenant 4,63% de son capital. Il estimait à l'époque que le groupe était "le mieux positionné sur le marché français et l'un des leaders européens le mieux à même de répondre aux profondes transformations du secteur".

Il est actuellement le troisième actionnaire de Casino, avec 4,94% du capital via Vesa Equity Investment.

Le milliardaire détient également plus de 40% des droits de vote dans le capital du distributeur allemand Metro. Il est aussi présent au capital du groupe de courrier et logistique britannique Royal Mail et de la chaîne de grands magasins américaine Macy's.

En 2020, il avait également pris une participation de 3% dans le géant britannique des supermarchés Sainsbury's.

En mars dernier, M. Kretinsky et le fils du patron de Casino Jean-Charles Naouri, Gabriel, avaient annoncé doubler leur participation au capital de l'enseigne de distribution française Maisons du Monde, en franchissant le seul des 10% du capital, via leur véhicule d'investissement luxembourgeois Majorelle Investments.

Selon plusieurs médias, il est par ailleurs détenteur d'une participation minoritaire dans l'équipementier sportif américain Foot Locker.

INDUSTRIE

Daniel Kretinsky, qui détient l'énergéticien tchèque EPH et sa filiale GazelEnergie, avait racheté en 2019 les activités françaises du groupe d'énergie allemand Uniper, parmi lesquelles figuraient deux centrales à charbon à Gardanne (Bouches-du-Rhône) et Saint-Avold (Moselle) vouées à la fermeture, ainsi que des parcs dans l'éolien et le solaire.

Dans une déclaration à l'Autorité des marchés financiers, M. Kretinsky a indiqué posséder, via sa société luxembourgeoise Vesa Equity Investment, 5,05% du capital et des droits de vote du groupe de télévision. Cette opération ne se fait pas en accord avec le groupe Bouygues, principal actionnaire de TF1, mais "ne lui est en aucune façon hostile bien au contraire", a déclaré Daniel Kretinsky aux Echos. "TF1 est une société dans laquelle nous croyons en raison de sa solidité. Nous croyons également à la fusion avec M6 à laquelle nous sommes très favorables", a-t-il ajouté. Selon le journal économique, le milliardaire pourrait d'ailleurs augmenter sa participation. Avant de pouvoir se concrétiser, le projet de fusion entre les deux groupes de télévision TF1 et M6, annoncé en mai dernier, doit obtenir l'aval de plusieurs instances de régulation, dont l'Autorité de la concurrence et le Conseil de l'audiovisuel (CSA), qui doivent statuer au premier semestre 2022. Il est "naturel" et "compréhensible" que les acteurs du paysage audiovisuel français se "mettent en ordre de marche" pour "développer leur capacité d'investissement et une sorte de souveraineté culturelle", a déclaré la semaine dernière Roch-Olivier Maistre, le président du CSA. La fusion entre TF1 et M6/RTL, aujourd'hui propriété du groupe allemand Bertelsmann via RTL Group, doit également obtenir l'assentiment de l'Autorité de la concurrence pour créer un acteur représentant les trois quarts du marché français de la publicité sur la télévision gratuite.