Deux poids lourds de l'exécutif, Olaf Scholz, ministre social-démocrate des Finances, et celui de l'Economie, le conservateur Peter Altmaier, sont convoqués devant la commission des Finances du Bundestag, la chambre basse du Parlement, réunie à huis clos à partir de 14H00 GMT.

Les élus veulent savoir pourquoi les ministères et les autorités de régulation n'ont pas agi plus tôt pour éviter ce "scandale sans équivalent dans le monde de la finance", comme l'a qualifié le gouvernement allemand.

L'affaire a éclaté en juin quand Wirecard, membre du prestigieux indice boursier Dax des 30 plus grandes entreprises allemandes, a avoué que 1,9 milliard d'euros inscrits dans ses comptes -et représentant un quart de son bilan- n'existaient pas. Le titre a chuté de plus de 98% et la société fait faillite.

Son fondateur et ancien patron, l'Autrichien Markus Braun, est en détention provisoire aux côtés de deux ex-directeurs pour plusieurs chefs d'accusations. Car au-delà de l'argent volatilisé, le parquet de Munich reproche aux dirigeants d'avoir "gonflé" dès 2015 le bilan en "inventant des recettes".

L'ancien directeur des opérations, Jan Marsalek, soupçonné de liens avec divers services de renseignement, refuse à ce jour de se livrer à la justice allemande et serait en Russie, selon des médias allemands.

- "Honte" pour le pays -

L'autorité allemande des marchés financiers et de la régulation bancaire, la Bafin, sous la houlette du ministère des Finances, se retrouve depuis le début de l'affaire sur la sellette.

Depuis déjà cinq ans, la presse s'est fait l'écho de soupçons d'irrégularités dans le modèle économique de Wirecard. Début 2019 le Financial Times avait même publié une enquête approfondie sur des soupçons de fraude en Asie. Ces informations restées alors sans conséquences pour Wirecard, ont déclenché en revanche une enquête de la Bafin visant le FT et ses journalistes.

Felix Hufeld, directeur du gendarme financier, visé lui depuis la semaine dernière par une action en justice d'investisseurs, avait qualifié fin juin l'affaire de "désastre complet" et de "honte" pour le pays.

Mais le gouvernement est aussi dans une situation délicate: selon un rapport produit par son ministère, Olaf Scholz était au courant dès 2019 d'une enquête de la Bafin sur des soupçons de manipulation des marchés visant Wirecard. "Il y a clairement une responsabilité politique, car il y avait des défaillances à tous les niveaux: Olaf Scholz aurait dû mieux contrôler la Bafin et celle-ci aurait dû mieux faire son travail", a estimé la présidente de la commission des Finances, l'élue du parti libéral FDP Katja Hessel, dans une interview à la radio Deutschlandfunk.

La chancelière Angela Merkel a elle aussi été mise en cause, le magazine Der Spiegel affirmant qu'elle avait fait la promotion de la société lors d'un voyage en Chine en 2019, alors que ses services étaient déjà au courant de l'existence d'une enquête.

La chancellerie a démenti que Mme Merkel ait été au courant si tôt d'irrégularités.

Mme Hessel n'a pas exclu une commission d'enquête parlementaire si les réponses des ministres sont jugées insuffisantes.

- Réforme -

Pour éviter un nouveau désastre, Olaf Scholz a promis une réforme de la supervision, donnant plus de pouvoirs à la Bafin, selon un document de travail consulté par l'AFP.

En vertu des nouvelles règles, la Bafin, qui supervise aussi les banques, pourrait intervenir directement, brisant la séparation entre le régulateur et les auditeurs privés.

Le dossier Wirecard rappelle celui d'Enron aux Etats-Unis au début des années 2000: le groupe texan, qui gonflait artificiellement ses profits, masquait ses pertes et falsifiait ses comptes pour améliorer sa valeur boursière, a également fini par faire faillite.

Wirecard, aux 6.000 employés dans le monde, poursuit pour l'instant ses opérations.

La procédure de liquidation fait "des progrès" selon l'avocat en charge du dossier, avec "140 intéressés" pour reprendre "la maison mère ou des filiales".

Deux poids lourds de l'exécutif, Olaf Scholz, ministre social-démocrate des Finances, et celui de l'Economie, le conservateur Peter Altmaier, sont convoqués devant la commission des Finances du Bundestag, la chambre basse du Parlement, réunie à huis clos à partir de 14H00 GMT.Les élus veulent savoir pourquoi les ministères et les autorités de régulation n'ont pas agi plus tôt pour éviter ce "scandale sans équivalent dans le monde de la finance", comme l'a qualifié le gouvernement allemand.L'affaire a éclaté en juin quand Wirecard, membre du prestigieux indice boursier Dax des 30 plus grandes entreprises allemandes, a avoué que 1,9 milliard d'euros inscrits dans ses comptes -et représentant un quart de son bilan- n'existaient pas. Le titre a chuté de plus de 98% et la société fait faillite.Son fondateur et ancien patron, l'Autrichien Markus Braun, est en détention provisoire aux côtés de deux ex-directeurs pour plusieurs chefs d'accusations. Car au-delà de l'argent volatilisé, le parquet de Munich reproche aux dirigeants d'avoir "gonflé" dès 2015 le bilan en "inventant des recettes".L'ancien directeur des opérations, Jan Marsalek, soupçonné de liens avec divers services de renseignement, refuse à ce jour de se livrer à la justice allemande et serait en Russie, selon des médias allemands.- "Honte" pour le pays -L'autorité allemande des marchés financiers et de la régulation bancaire, la Bafin, sous la houlette du ministère des Finances, se retrouve depuis le début de l'affaire sur la sellette.Depuis déjà cinq ans, la presse s'est fait l'écho de soupçons d'irrégularités dans le modèle économique de Wirecard. Début 2019 le Financial Times avait même publié une enquête approfondie sur des soupçons de fraude en Asie. Ces informations restées alors sans conséquences pour Wirecard, ont déclenché en revanche une enquête de la Bafin visant le FT et ses journalistes.Felix Hufeld, directeur du gendarme financier, visé lui depuis la semaine dernière par une action en justice d'investisseurs, avait qualifié fin juin l'affaire de "désastre complet" et de "honte" pour le pays. Mais le gouvernement est aussi dans une situation délicate: selon un rapport produit par son ministère, Olaf Scholz était au courant dès 2019 d'une enquête de la Bafin sur des soupçons de manipulation des marchés visant Wirecard. "Il y a clairement une responsabilité politique, car il y avait des défaillances à tous les niveaux: Olaf Scholz aurait dû mieux contrôler la Bafin et celle-ci aurait dû mieux faire son travail", a estimé la présidente de la commission des Finances, l'élue du parti libéral FDP Katja Hessel, dans une interview à la radio Deutschlandfunk.La chancelière Angela Merkel a elle aussi été mise en cause, le magazine Der Spiegel affirmant qu'elle avait fait la promotion de la société lors d'un voyage en Chine en 2019, alors que ses services étaient déjà au courant de l'existence d'une enquête.La chancellerie a démenti que Mme Merkel ait été au courant si tôt d'irrégularités.Mme Hessel n'a pas exclu une commission d'enquête parlementaire si les réponses des ministres sont jugées insuffisantes.- Réforme -Pour éviter un nouveau désastre, Olaf Scholz a promis une réforme de la supervision, donnant plus de pouvoirs à la Bafin, selon un document de travail consulté par l'AFP.En vertu des nouvelles règles, la Bafin, qui supervise aussi les banques, pourrait intervenir directement, brisant la séparation entre le régulateur et les auditeurs privés.Le dossier Wirecard rappelle celui d'Enron aux Etats-Unis au début des années 2000: le groupe texan, qui gonflait artificiellement ses profits, masquait ses pertes et falsifiait ses comptes pour améliorer sa valeur boursière, a également fini par faire faillite.Wirecard, aux 6.000 employés dans le monde, poursuit pour l'instant ses opérations.La procédure de liquidation fait "des progrès" selon l'avocat en charge du dossier, avec "140 intéressés" pour reprendre "la maison mère ou des filiales".