Générant un chiffre d'affaires en progression constante de 116 millions d'euros en 2016 avec un bénéfice de plus de 8 millions après impôt, cette intercommunale dédiée à " la diffusion de la télévision et des communications électroniques " présente un profil atypique qui aiguise aujourd'hui l'appétit des grands acteurs des télécoms en Belgique.
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Générant un chiffre d'affaires en progression constante de 116 millions d'euros en 2016 avec un bénéfice de plus de 8 millions après impôt, cette intercommunale dédiée à " la diffusion de la télévision et des communications électroniques " présente un profil atypique qui aiguise aujourd'hui l'appétit des grands acteurs des télécoms en Belgique. Brutélé réunit en son sein six communes bruxelloises et 24 communes wallonnes dont une majorité est issue de la région de Charleroi. Sa valorisation est estimée à quelque 300 millions d'euros et elle gère surtout, de concert avec le groupe Nethys, la marque VOO en Fédération Wallonie-Bruxelles. Indépendantes, les deux intercommunales sont donc étroitement liées en termes de logistique et de développement économique, ce qui ne dissuade nullement certains opérateurs de vouloir mettre la main sur Brutélé. Ainsi, la semaine dernière, nos confrères de L'Echo révélaient que l'opérateur flamand Telenet avait déposé une offre de rachat au conseil d'administration du câblodistributeur public. La démarche est compréhensible. Présent au nord du pays, Telenet possède également les deux tiers du câble bruxellois depuis qu'il a racheté SFR Belux en 2016 pour 400 millions d'euros. L'opérateur flamand rêve donc de compléter son tableau de chasse en ajoutant les six communes manquantes dans la capitale aux 13 communes qu'il possède déjà. En outre, l'acquisition de Brutélé lui permettrait de renforcer sa présence en Wallonie - déjà amorcée avec les activités de SFR Belux rachetées dans la botte du Hainaut - en ajoutant cette fois 24 autres communes dispersées à Charleroi, Rochefort et dans le Brabant wallon. De quoi renforcer le désir de Telenet de devenir une vraie marque nationale. L'opérateur flamand n'est pas le seul aux aguets. Au printemps, Orange Belgium a également montré le bout de son nez et déclaré par communiqué " avoir officiellement fait part aux sociétés Nethys et Brutélé de son intérêt pour un projet industriel " ( sic), précisant qu'un tel rapprochement pourrait conduire à " la création d'un opérateur télécom national convergent avec un ancrage fort en Wallonie et à Bruxelles ". Bref, un " partenariat " qui pourrait présager d'un éventuel rachat à long terme puisque Orange Belgium peut compter sur la force de frappe financière de sa maison mère française (41 milliards de chiffre d'affaires en 2017) pour enfin transformer son business téléphonique sur le marché belge en une véritable offre quadruple play (télévision, Internet, téléphonie fixe et téléphonie mobile). Mais encore faut-il que le principal intéressé se laisse faire, à savoir Nethys qui gère précisément avec Brutélé la marque VOO en Belgique. Car le troisième scénario non encore évoqué pourrait être l'intégration pure et simple du câblodistributeur bruxellois - également présent dans 24 communes wallonnes - au sein du groupe liégeois. La semaine dernière, le conseil d'administration de Nethys a d'ailleurs voté à l'unanimité une proposition de rachat de Brutélé, relançant ainsi les pronostics sur l'avenir de l'intercommunale. Une fusion qui, a priori, paraît être le scénario le plus logique vu les liens étroits entre les deux structures, mais qui ne récolte pas nécessairement les faveurs de toutes les communes concernées. En effet, certaines d'entre elles regarderont en priorité les propositions financières des différents candidats acquéreurs avant de se prononcer.