Nos gares sont-elles en train de se transformer en centres commerciaux ? Cédric Banckaert s'en défend. " Mon objectif n'est pas de transformer les gares en shopping centers, assure le responsable des concessions commerciales à la SNCB. Il faut faire attention à ne pas tomber dans la perte de fonctionnalité. Le train ne peut pas devenir accessoire. " Il n'empêche : l'entreprise publique mise gros sur cette activité. L'année dernière, les concessions commerciales lui ont permis de générer un chiffre d'affaires de 23,8 millions d'euros, en hausse de 17 % par rapport à 2016 (la SN...

Nos gares sont-elles en train de se transformer en centres commerciaux ? Cédric Banckaert s'en défend. " Mon objectif n'est pas de transformer les gares en shopping centers, assure le responsable des concessions commerciales à la SNCB. Il faut faire attention à ne pas tomber dans la perte de fonctionnalité. Le train ne peut pas devenir accessoire. " Il n'empêche : l'entreprise publique mise gros sur cette activité. L'année dernière, les concessions commerciales lui ont permis de générer un chiffre d'affaires de 23,8 millions d'euros, en hausse de 17 % par rapport à 2016 (la SNCB prélève chaque mois une redevance fixe ou un pourcentage sur chiffre d'affaires avec minimum garanti). Au total, ce ne sont pas moins de 36.000 m2 qui sont mis à disposition des concessions (au nombre de 424 dans 80 des 553 gares que compte le pays). Et la SNCB souhaiterait atteindre les 40.000 m2 dans les deux ans. Notre interlocuteur a des arguments pour attirer les enseignes. " Nos gares voient défiler chaque jour 850.000 voyageurs, avance-t-il. Elles sont de plus en plus des appendices des villes, certaines personnes venant uniquement pour manger ou faire du shopping, sans nécessairement prendre le train. Plusieurs chaînes réalisent un chiffre d'affaires plus élevé à la gare que dans les grandes rues commerçantes. " Ces dernières années, la SNCB s'emploie donc à faire connaître les gares comme des lieux à fort potentiel. " Ce n'est pas encore forcément une évidence pour les grands groupes, explique le responsable. Nous devons être plus proactifs. " Notre interlocuteur affirme toutefois avoir été approché par le géant de l'ameublement Ikea, en recherche de surfaces plus petites, et être en discussion avec Hema et Decathlon. " Cela devra passer par une procédure de marchés publics ", rappelle-t-il. Dans sa volonté de faire de ses gares des " hubs de mobilité ", la SNCB multiplie les services. Labos d'analyse de sang, crèches, espaces de travail, réparateurs de vélos, etc. " Nous voulons faire gagner du temps aux usagers tout en valorisant notre patrimoine ", explique Cédric Blanckaert, qui verrait bien d'autres activités prendre place dans les stations. " Des petits magasins de bricolage seraient tout à fait pertinents, dit-il. Tout comme des salles de sport. Je crois par ailleurs fortement en la livraison des courses dans des casiers. Nous travaillons déjà avec Wink ( le " pure player " du groupe Louis Delhaize, Ndlr) à la gare d'Ottignies. " Dans l'immédiat, l'entreprise publique souhaite profiter du Brexit pour ouvrir un duty free dans la zone de l'Eurostar, à la gare de Bruxelles-Midi. " Nous allons lancer une consultation de marché, explique le responsable. L'objectif est que cette zone soit prête à partir de novembre. " Dans les plus petites gares qui sont surtout fréquentées en début et en fin de journée et qui ne comptent aucune concession, la SNCB va lancer un projet food-trucks.