Les légendaires bouchons californiens et le coût très élevé de la vie dans la Silicon Valley faisaient déjà grincer des dents avant le coronavirus. Les épisodes de sécheresse et les incendies sont venus ajouter une couche au malaise dans cette célèbre région située dans le sud de la baie de San Francisco.

Parmi les figures ayant claqué la porte: le patron de Tesla, Elon Musk et les cofondateurs de Palantir, Peter Thiel et Alex Karp.

Le siège central de Palantir à Palo Alto (Californie)., BELGAIMAGE
Le siège central de Palantir à Palo Alto (Californie). © BELGAIMAGE

Certains groupes ont aussi fait leurs bagages et déplacé leur siège, comme Oracle et Hewlett Packard Enterprise qui ont mis le cap sur le Texas.

Fondée en 1977 dans la Silicon Valley, Oracle a récemment expliqué que ce déménagement serait favorable à sa croissance et fournirait "davantage de flexibilité à (son) personnel sur le lieu et la manière de travailler".

Quant à HPE, une filiale de la compagnie historique de la Silicon Valley Hewlett-Packard, elle a dit s'installer à Houston "pour aller à la rencontre des clients là où ils sont dans leurs transformations numériques, en ces temps extraordinaires".

"Il y a toujours eu le risque avec la Californie qu'une masse critique de gens dise que faire des affaires là-bas n'a pas de sens parce que les gens ne peuvent pas y vivre", affirme l'analyste tech indépendant Rob Enderle, un natif de l'Etat qui l'a quitté pour l'Oregon il y a quelques année.

Et des Etats où les impôts et le coût de la vie sont moindres courtisent aussi ces compagnies, qui peuvent négocier les conditions de leur installation.

Le cofondateur d'Oracle, Larry Ellison, a ainsi dit à ses employés qu'il déménageait sur l'île hawaïenne de Lanai, qu'il a achetée il y a huit ans.

Larry Ellison président et CTO d'Oracle., .
Larry Ellison président et CTO d'Oracle. © .

Ces décisions interviennent au moment où plusieurs entreprises de la tech permettent à leurs employés de travailler à distance en raison de la pandémie, ce qui rend presque caducs, du moins temporairement, les sièges de type campus universitaire pour lesquels la région est connue.

Twitter, par exemple, a offert à ses employés de travailler de chez eux indéfiniment. Le PGD de Facebook, Mark Zuckerberg, a lui estimé que la moitié des effectifs de la plateforme pourraient travailler à distance d'ici dix ans.

- Au revoir Elon Musk -

Elon Musk a confirmé avoir quitté la Californie pour le Texas après des passes d'armes avec les autorités californiennes cette année au sujet de ses efforts pour garder son usine ouverte malgré le confinement.

Le fantasque entrepreneur a justifié sa décision par la nécessité de se rapprocher de deux de ses plus gros projets: le développement de fusées par sa compagnie SpaceX dans le sud de l'Etat, et la construction d'une usine Tesla près d'Austin.

Mais "combien de personnes ont l'option de déménager sur leur île?", demande l'analyste de Creative Strategies, Carolina Milanesi, mettant en garde contre la tentation de voir dans ces quelques départs un exode massif.

"Ces personnes ont des motivations différentes, dont certaines sont politiques", dit-elle.

Si les compagnies internet Brex, Dropbox et Splunk ont pris racine et ont grandi dans la région de San Francisco, leurs dirigeants ont quitté la région.

Le géant Palantir, créé dans la Silicon Valley, est lui parti pour Denver.

Son cofondateur Joe Lonsdale a, de son côté, déplacé sa société de capital risque de San Francisco à Austin, en citant le taux d'imposition et la politique.

"Austin est beaucoup plus tolérante envers la diversité idéologique que San Francisco", a-t-il tweeté en novembre. "C'est en général une bonne idée d'avoir des hippies de gauche dans les environs pour la culture, la musique, la nourriture, etc. Il vaut juste mieux qu'ils ne dirigent pas l'Etat".

En 2018, l'investisseur Peter Thiel, rare partisan de Donald Trump dans la Silicon Valley, avait annoncé son départ pour Los Angeles.

Il est courant pour les compagnies de la Silicon Valley de s'étendre à d'autres régions tout en gardant leurs liens avec la Californie, note l'analyste Patrick Moorhead.

"Elles déplacent juste leur siège. Elles ont un avant-poste dans la Silicon Valley", affirme-t-il.

"Je ne vois pas Apple et Google partir d'ici bientôt", estime Carolina Milanesi, en mettant en garde contre une autre tendance, plus dommageable pour les Etats-Unis: la formation de hubs à l'étranger, en Chine et en Israël par exemple.

D'autres pays, selon l'analyste, financent mieux la recherche et les start-up que les Etats-Unis, promeuvent la science dans l'éducation et encouragent l'innovation.

Les légendaires bouchons californiens et le coût très élevé de la vie dans la Silicon Valley faisaient déjà grincer des dents avant le coronavirus. Les épisodes de sécheresse et les incendies sont venus ajouter une couche au malaise dans cette célèbre région située dans le sud de la baie de San Francisco.Parmi les figures ayant claqué la porte: le patron de Tesla, Elon Musk et les cofondateurs de Palantir, Peter Thiel et Alex Karp.Certains groupes ont aussi fait leurs bagages et déplacé leur siège, comme Oracle et Hewlett Packard Enterprise qui ont mis le cap sur le Texas.Fondée en 1977 dans la Silicon Valley, Oracle a récemment expliqué que ce déménagement serait favorable à sa croissance et fournirait "davantage de flexibilité à (son) personnel sur le lieu et la manière de travailler".Quant à HPE, une filiale de la compagnie historique de la Silicon Valley Hewlett-Packard, elle a dit s'installer à Houston "pour aller à la rencontre des clients là où ils sont dans leurs transformations numériques, en ces temps extraordinaires"."Il y a toujours eu le risque avec la Californie qu'une masse critique de gens dise que faire des affaires là-bas n'a pas de sens parce que les gens ne peuvent pas y vivre", affirme l'analyste tech indépendant Rob Enderle, un natif de l'Etat qui l'a quitté pour l'Oregon il y a quelques année.Et des Etats où les impôts et le coût de la vie sont moindres courtisent aussi ces compagnies, qui peuvent négocier les conditions de leur installation.Le cofondateur d'Oracle, Larry Ellison, a ainsi dit à ses employés qu'il déménageait sur l'île hawaïenne de Lanai, qu'il a achetée il y a huit ans.Ces décisions interviennent au moment où plusieurs entreprises de la tech permettent à leurs employés de travailler à distance en raison de la pandémie, ce qui rend presque caducs, du moins temporairement, les sièges de type campus universitaire pour lesquels la région est connue.Twitter, par exemple, a offert à ses employés de travailler de chez eux indéfiniment. Le PGD de Facebook, Mark Zuckerberg, a lui estimé que la moitié des effectifs de la plateforme pourraient travailler à distance d'ici dix ans.Elon Musk a confirmé avoir quitté la Californie pour le Texas après des passes d'armes avec les autorités californiennes cette année au sujet de ses efforts pour garder son usine ouverte malgré le confinement.Le fantasque entrepreneur a justifié sa décision par la nécessité de se rapprocher de deux de ses plus gros projets: le développement de fusées par sa compagnie SpaceX dans le sud de l'Etat, et la construction d'une usine Tesla près d'Austin.Mais "combien de personnes ont l'option de déménager sur leur île?", demande l'analyste de Creative Strategies, Carolina Milanesi, mettant en garde contre la tentation de voir dans ces quelques départs un exode massif."Ces personnes ont des motivations différentes, dont certaines sont politiques", dit-elle.Si les compagnies internet Brex, Dropbox et Splunk ont pris racine et ont grandi dans la région de San Francisco, leurs dirigeants ont quitté la région.Le géant Palantir, créé dans la Silicon Valley, est lui parti pour Denver.Son cofondateur Joe Lonsdale a, de son côté, déplacé sa société de capital risque de San Francisco à Austin, en citant le taux d'imposition et la politique."Austin est beaucoup plus tolérante envers la diversité idéologique que San Francisco", a-t-il tweeté en novembre. "C'est en général une bonne idée d'avoir des hippies de gauche dans les environs pour la culture, la musique, la nourriture, etc. Il vaut juste mieux qu'ils ne dirigent pas l'Etat".En 2018, l'investisseur Peter Thiel, rare partisan de Donald Trump dans la Silicon Valley, avait annoncé son départ pour Los Angeles.Il est courant pour les compagnies de la Silicon Valley de s'étendre à d'autres régions tout en gardant leurs liens avec la Californie, note l'analyste Patrick Moorhead."Elles déplacent juste leur siège. Elles ont un avant-poste dans la Silicon Valley", affirme-t-il."Je ne vois pas Apple et Google partir d'ici bientôt", estime Carolina Milanesi, en mettant en garde contre une autre tendance, plus dommageable pour les Etats-Unis: la formation de hubs à l'étranger, en Chine et en Israël par exemple.D'autres pays, selon l'analyste, financent mieux la recherche et les start-up que les Etats-Unis, promeuvent la science dans l'éducation et encouragent l'innovation.