Le titre perdait 1,51% vers 12h00 GMT dans les échanges électroniques à Wall Street, une trajectoire baissière prise déjà vendredi quand il avait plongé de 6,79%. Cette chute était due à la divulgation par une commission parlementaire de messages entre employés révélant que le système automatique, le MCAS, qui devait empêcher l'avion de partir en piqué, le rendait difficile à piloter en simulateur.

Dans un de ces échanges sur messagerie instantanée qui date de novembre 2016, soit un an avant la certification du 737 MAX et deux ans avant le premier accident, Mark Forkner, à l'époque un pilote de Boeing, disait à un collègue à propos du MCAS: il "déraille dans le sim (le simulateur, ndlr)". "Bon je t'accorde que je suis nul en pilotage, mais ça c'était scandaleux", poursuivait le pilote dans cette conversation avec un collègue, Patrik Gustavsson. Ce dernier a fait remarquer qu'il allait falloir actualiser les instructions dans le manuel de vol. De fait, huit mois avant les échanges rendus publics vendredi, M. Forkner avait demandé à l'agence fédérale de l'aviation (FAA) s'il pouvait ne pas faire mention du MCAS dans le manuel de vol.

Le régulateur, convaincu que le dispositif informatique n'était ni dangereux ni amené à intervenir souvent, avait donné son feu vert. Un porte-parole de la FAA a précisé que l'autorisation du régulateur n'était pas requise. "Nous regrettons les craintes causées par la publication vendredi des messages du 15 novembre 2016 impliquant un ancien employé", s'est excusé Boeing, dans un communiqué, ajoutant enquêter sur "les circonstances de ces échanges". L'avionneur affirme, que M. Forkner, à qui il n'a toujours pas pu parler "directement", parlait des dysfonctionnements du simulateur de vol et non des problèmes de l'avion lui-même. "Le simulateur ne fonctionnait pas proprement et était en phase de tests", affirme Boeing. Cette ligne de défense est celle adoptée dès vendredi par David Gerger, l'avocat de Mark Forkner.