La société mandatée pour le "sauvetage" de l'Ever Given s'est montrée prudente, évoquant "des jours voire des semaines" pour la reprise du trafic sur le canal qui voit passer près de 10% du commerce maritime international, selon des experts.

L'incident survenu mardi et provoqué apparemment par des vents violents combinés à une tempête de sable, selon différentes sources, a entraîné des embouteillages massifs.

Selon la revue spécialisée Lloyd's list, plus de 200 navires sont actuellement bloqués aux deux extrémités et dans la zone d'attente située au milieu du canal, entraînant d'importants retards dans les livraisons de pétrole et d'autres produits, avec une brève répercussion sur les cours de l'or noir mercredi.

Le géant du transport maritime Maersk et l'allemand Hapag-Lloyd ont indiqué jeudi qu'ils envisageaient de dérouter leurs navires et de passer par le Cap de Bonne-Espérance, soit un détour de 9.000 kilomètres et 10 jours supplémentaires autour du continent africain.

Or, les coûts globaux sont élevés dans le domaine du transport maritime de marchandises en conteneurs. Selon Lloyd's list, le porte-conteneurs coincé bloque chaque jour l'équivalent d'environ 9,6 milliards de dollars (8,1 milliards d'euros) de marchandises.

- Peut-être "des semaines" -

Depuis mercredi, l'Autorité égyptienne du canal de Suez (SCA) tente de dégager le navire de plus de 220.000 tonnes.

"Des remorqueurs et des dragues sont utilisés pour briser des rochers", a déclaré à l'AFP une responsable de la société japonaise Shoei Kisen Kaisha, propriétaire du bateau.

Selon la SCA, il faudrait retirer entre 15.000 et 20.000 mètres cube de sable pour atteindre une profondeur de 12 à 16 mètres et remettre le navire à flot.

La SCA a annoncé vendredi que 87% du processus de retrait du sable avait été effectué par les dragues.

Une importante marée haute, prévue en début de semaine prochaine, pourrait aider les équipes techniques à débloquer le navire.

L'Egypte a reçu plusieurs propositions d'aide internationales, notamment des Etats-Unis, selon la SCA.

La Turquie a également proposé d'envoyer un remorqueur pour tracter le porte-conteneurs, une proposition d'aide qui intervient au moment où Ankara s'efforce d'apaiser ses relations avec Le Caire, tendues depuis le renversement en 2013 du président Mohamed Morsi, que soutenait le dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan.

Mohab Mamish, conseiller du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi en matière portuaire, a indiqué jeudi soir à l'AFP que la navigation reprendrait "dans 48 à 72 heures maximum". Mais quelques heures plus tôt, la société néerlandaise Smit Salvage avait prévenu elle que l'opération pourrait prendre "des jours, voire des semaines".

La société qui exploite le navire, Evergreen Marine Corp, basée à Taïwan, a sollicité Smit Salvage et l'entreprise japonaise Nippon Salvage pour mettre en place "un plan plus efficace" de sauvetage. Les premiers experts sont arrivés jeudi.

Smit Salvage a participé à de grandes opérations de sauvetage ces dernières années, notamment sur le Costa Concordia, navire de croisière Italien qui s'était échoué au large de la Toscane en 2012, et sur le sous-marin nucléaire russe Koursk, qui avait sombré avec 118 hommes en août 2000.

- Incidents "rares" -

Près de 19.000 navires ont emprunté le canal en 2020, selon la SCA, soit une moyenne de 51,5 navires par jour.

Selon un rapport de l'assureur Allianz Global Corporate & Specialty sur la sécurité maritime, "le canal de Suez présente un excellent bilan de sécurité dans l'ensemble, les incidents de navigation étant extrêmement rares - au total, 75 incidents de navigation ont été signalés au cours de la dernière décennie".

Selon la journaliste britannique Rose George, autrice d'un livre sur le transport maritime, ce dernier "nous apporte encore 90 % de tout (...) et nous en sommes fondamentalement dépendants".

D'après elle, "plus des deux tiers des accidents maritimes sont dus à une erreur humaine".

Mais selon un responsable de la diplomatie russe, Nikolaï Korchounov, le blocage du Canal de Suez "a mis en lumière la nécessité avant tout de la poursuite du développement de la Route maritime du Nord", voie maritime dans l'Arctique russe de plus en plus praticable à cause du changement climatique.

La société mandatée pour le "sauvetage" de l'Ever Given s'est montrée prudente, évoquant "des jours voire des semaines" pour la reprise du trafic sur le canal qui voit passer près de 10% du commerce maritime international, selon des experts.L'incident survenu mardi et provoqué apparemment par des vents violents combinés à une tempête de sable, selon différentes sources, a entraîné des embouteillages massifs.Selon la revue spécialisée Lloyd's list, plus de 200 navires sont actuellement bloqués aux deux extrémités et dans la zone d'attente située au milieu du canal, entraînant d'importants retards dans les livraisons de pétrole et d'autres produits, avec une brève répercussion sur les cours de l'or noir mercredi.Le géant du transport maritime Maersk et l'allemand Hapag-Lloyd ont indiqué jeudi qu'ils envisageaient de dérouter leurs navires et de passer par le Cap de Bonne-Espérance, soit un détour de 9.000 kilomètres et 10 jours supplémentaires autour du continent africain.Or, les coûts globaux sont élevés dans le domaine du transport maritime de marchandises en conteneurs. Selon Lloyd's list, le porte-conteneurs coincé bloque chaque jour l'équivalent d'environ 9,6 milliards de dollars (8,1 milliards d'euros) de marchandises.- Peut-être "des semaines" -Depuis mercredi, l'Autorité égyptienne du canal de Suez (SCA) tente de dégager le navire de plus de 220.000 tonnes."Des remorqueurs et des dragues sont utilisés pour briser des rochers", a déclaré à l'AFP une responsable de la société japonaise Shoei Kisen Kaisha, propriétaire du bateau.Selon la SCA, il faudrait retirer entre 15.000 et 20.000 mètres cube de sable pour atteindre une profondeur de 12 à 16 mètres et remettre le navire à flot.La SCA a annoncé vendredi que 87% du processus de retrait du sable avait été effectué par les dragues.Une importante marée haute, prévue en début de semaine prochaine, pourrait aider les équipes techniques à débloquer le navire.L'Egypte a reçu plusieurs propositions d'aide internationales, notamment des Etats-Unis, selon la SCA.La Turquie a également proposé d'envoyer un remorqueur pour tracter le porte-conteneurs, une proposition d'aide qui intervient au moment où Ankara s'efforce d'apaiser ses relations avec Le Caire, tendues depuis le renversement en 2013 du président Mohamed Morsi, que soutenait le dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan.Mohab Mamish, conseiller du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi en matière portuaire, a indiqué jeudi soir à l'AFP que la navigation reprendrait "dans 48 à 72 heures maximum". Mais quelques heures plus tôt, la société néerlandaise Smit Salvage avait prévenu elle que l'opération pourrait prendre "des jours, voire des semaines".La société qui exploite le navire, Evergreen Marine Corp, basée à Taïwan, a sollicité Smit Salvage et l'entreprise japonaise Nippon Salvage pour mettre en place "un plan plus efficace" de sauvetage. Les premiers experts sont arrivés jeudi.Smit Salvage a participé à de grandes opérations de sauvetage ces dernières années, notamment sur le Costa Concordia, navire de croisière Italien qui s'était échoué au large de la Toscane en 2012, et sur le sous-marin nucléaire russe Koursk, qui avait sombré avec 118 hommes en août 2000.- Incidents "rares" -Près de 19.000 navires ont emprunté le canal en 2020, selon la SCA, soit une moyenne de 51,5 navires par jour.Selon un rapport de l'assureur Allianz Global Corporate & Specialty sur la sécurité maritime, "le canal de Suez présente un excellent bilan de sécurité dans l'ensemble, les incidents de navigation étant extrêmement rares - au total, 75 incidents de navigation ont été signalés au cours de la dernière décennie".Selon la journaliste britannique Rose George, autrice d'un livre sur le transport maritime, ce dernier "nous apporte encore 90 % de tout (...) et nous en sommes fondamentalement dépendants".D'après elle, "plus des deux tiers des accidents maritimes sont dus à une erreur humaine".Mais selon un responsable de la diplomatie russe, Nikolaï Korchounov, le blocage du Canal de Suez "a mis en lumière la nécessité avant tout de la poursuite du développement de la Route maritime du Nord", voie maritime dans l'Arctique russe de plus en plus praticable à cause du changement climatique.