Une gestion digne d'une PME

Imaginé par l'ingénieur André Waterkeyn, le bâtiment aux neuf sphères est l'un des lieux incontournables de Bruxelles. Si l'édifice est géré par une ASBL, dans la pratique, c'est une véritable PME qui est à la manoeuvre pour faire rayonner l'édifice. " Sans tenir compte des concessions, 45 personnes travaillent aujourd'hui à l'Atomium. Nous avons effectivement un statut d'ASBL mais la gestion est réalisée comme une véritable entreprise ", explique Henri Simons, le directeur. Le monument vit d'ailleurs aujourd'hui sans subsides et parvient à gérer ses frais d'entretien. " Depuis la grande rénovation du début des années 2000, toute la gestion a été revue afin de ne plus dépendre des autorités publiques. Nous sommes passés de 150.000 à 600.000 visiteurs en une quinzaine d'années. Pourquoi se reposer sur l'aide publique si nous parvenons à faire sans ? "
...

Imaginé par l'ingénieur André Waterkeyn, le bâtiment aux neuf sphères est l'un des lieux incontournables de Bruxelles. Si l'édifice est géré par une ASBL, dans la pratique, c'est une véritable PME qui est à la manoeuvre pour faire rayonner l'édifice. " Sans tenir compte des concessions, 45 personnes travaillent aujourd'hui à l'Atomium. Nous avons effectivement un statut d'ASBL mais la gestion est réalisée comme une véritable entreprise ", explique Henri Simons, le directeur. Le monument vit d'ailleurs aujourd'hui sans subsides et parvient à gérer ses frais d'entretien. " Depuis la grande rénovation du début des années 2000, toute la gestion a été revue afin de ne plus dépendre des autorités publiques. Nous sommes passés de 150.000 à 600.000 visiteurs en une quinzaine d'années. Pourquoi se reposer sur l'aide publique si nous parvenons à faire sans ? "Pour atteindre l'autofinancement, l'ASBL multiplie les rentrées d'argents. A côté du tourisme pour le grand public, l'Atomium a développé, au fil du temps, une offre business. " On dispose de deux salles différentes à louer au sein du bâtiment, explique Henri Simons. Il est également possible de louer tout l'Atomium mais cela n'est pos-sible qu'après la fermeture, à 18 h. " En plus des concessions, comme le restaurant ou la société qui prend des photos en bas des sphères, l'Atomium s'est diversifié en mettant en place l'ADAM Museum, dédié au design. " Il existe depuis deux ans et marche déjà bien. Cela nous permet d'élargir l'offre pour les touristes mais aussi de bénéficier de salles supplémentaires à offrir pour des réunions. " Si les résultats sont satisfaisants, le directeur estime qu'il existe encore des possibilités de croissance. " Peut-être pas durant la haute saison car l'ascenseur tourne en continu, mais on pourrait encore accueillir plus de monde le reste de l'année et développer davantage le tourisme d'affaires. "Pour ses 60 ans, l'Atomium célèbre l'Expo 58 au travers de trois nouvelles expositions regroupées sous le titre commun de Galaxy 58. Elles ouvrent leurs portes ce 23 mars 2018, jusqu'à la fin de l'année. Ce même vendredi, démarre le week-end festif qui marque l'anniversaire du bâtiment, avec un concert, des animations, une fête pour les enfants, des produits spécialement conçus pour l'occasion (une bande dessinée, une bière, une montre). Plus tard dans l'année, auront lieu des brocantes, des feux d'artifice, un festival de rock années fifties, etc. Sans oublier les Schtroumpfs qui fêtent également leur 60e anniversaire cette année. www.atomium.beAvec un tel bâtiment, difficile de ne pas résister à l'envie de prendre une photo souvenir. Si la pratique est évidemment autorisée, l'Atomium n'apprécie pas tous les objectifs. L'édifice est protégé par un droit à l'image, comme le souhaitait son créateur. Impossible donc de réutiliser les célèbres sphères pour les intégrer dans le logo de son entreprise, par exemple, du moins sans l'aval de l'ASBL. Un contrôle qui amène forcément un travail supplémentaire. " On reçoit énormément de demandes, ce qui prend beaucoup de temps à analyser. Les prix sont fixés et dépendent de la façon dont l'image du bâtiment est exploitée. Mais il est important que l'Atomium ne soit pas repris à toutes les sauces. On ne le verra jamais sur un paquet de cigarettes ", rassure le directeur." Quand on pense Paris, on pense tour Eiffel. A Bruxelles, le lien avec l'Atomium n'est pas encore aussi direct mais on évolue bien ", lance le directeur. Pour y parvenir, le travail de communication est devenu central. " On doit se faire encore mieux connaître à l'international. Vous seriez surpris de voir, par exemple, le nombre de Français qui pensent que l'Atomium est en réalité une statue et qu'on ne peut pas entrer dedans ", sourit Henri Simons. Un travail sur la visibilité qui passe notamment par des très nombreuses expositions ou actions, comme la mise à disposition d'une sphère, permettant à des classes scolaires de passer une nuit au sein de l'Atomium. " Ce type de démarche n'apporte probablement pas un sou de manière directe, mais c'est un outil incroyable pour faire parler de nous ", explique encore le responsable de l'édifice.Par Arnaud Martin.