L'Égypte, la Turquie, la Serbie, le Liban et le Kosovo, entre autres, ont fermé mercredi leur espace aérien aux modèles 737 MAX, suivant notamment l'exemple de l'Union européenne, de la Chine, des Émirats arabes unis ou de l'Indonésie. L'archipel avait lui-même été endeuillé fin octobre lorsqu'un avion Boeing de la compagnie Lion Air s'était abîmé en mer, tuant 189 personnes.

Les États-Unis n'ont, à l'inverse, pris aucune mesure pour restreindre les vols assurés par les appareils mis en cause. Les syndicats et plusieurs personnalités politiques américaines insistent cependant auprès des autorités pour que celles-ci prennent des mesures.

Après l'accident de Jakarta, Boeing avait révisé ses directives pour les pilotes et entamé une mise à jour de ses logiciels. Les pilotes aux commandes du vol Ethiopian Airlines, qui s'est écrasé dimanche peu après le décollage, avaient d'ailleurs reçu une formation spécifique au 737 MAX 8 à la suite du crash de l'avion de Lion Air.

L'administration américaine de l'aviation civile (FAA) estime de son côté qu'aucune preuve ne permet de relier les deux accidents entre eux. Le patron d'Ethiopian Airlines, Tewolde GebreMariam, n'est pas de cet avis, raison pour laquelle il aurait insisté pour que les boîtes noires de l'avion accidenté soient analysées au Royaume-Uni plutôt qu'aux États-Unis. Malgré la confiance de la FAA, la crise que traverse Boeing est un coup dur pour le constructeur. Au total, 4.700 appareils de la version mise à jour du vieillissant 737 ont été commandés aux quatre coins du globe. Plusieurs groupes aéronautiques évaluent cependant l'opportunité d'annuler ces achats.