"C'est sans doute une première", estime Arnaud Feist, administrateur délégué de Brussels Airport. C'est la première fois que l'aéroport de Bruxelles présente des développements à long terme. Un des objectifs est de mettre en valeur le rôle économique accru de l'aéroport, et aussi de pacifier les relations parfois tendues avec les riverains, en leur proposant un forum de discussion pour commenter le plan et ses options. Ce forum est destiné à des participants de tous les horizons, experts, entreprises, riverains.
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"C'est sans doute une première", estime Arnaud Feist, administrateur délégué de Brussels Airport. C'est la première fois que l'aéroport de Bruxelles présente des développements à long terme. Un des objectifs est de mettre en valeur le rôle économique accru de l'aéroport, et aussi de pacifier les relations parfois tendues avec les riverains, en leur proposant un forum de discussion pour commenter le plan et ses options. Ce forum est destiné à des participants de tous les horizons, experts, entreprises, riverains.1. Une croissance de 3% par an. Le point de départ est que le trafic de l'aéroport devrait connaître une croissance annuelle de 3% par an, pour les passagers comme pour le fret. C'est davantage que la progression du PIB. Conséquence : Zaventem devrait accueillir 40 millions de passagers en 2040 contre 23 millions en 2015. La croissance devrait continuer après une année 2016 en léger retrait, avec les effets des attentats (sans doute 22 millions de passagers ou un peu moins). L'aérien est du reste un des rares secteurs à connaître une croissance à peu près continue à long terme. 2. Des jetées supplémentaires et peut-être un second terminal. Pour faire face à cette hausse de capacité, Arnaud Feist a annoncé la construction de deux jetées supplémentaires. Une première viendra prolonger la jetée A (la plus éloignée du hall des départs) vers l'Ouest (vers Bruxelles). "Nous sommes déjà un peu juste aux heures de pointe" explique Arnaud Feist, une partie des avions doivent se parquer plus loin, les passagers y sont acheminés par car, ce n'est pas idéal. Cette première jetée nouvelle serait mise en service en 2023. "Si l'on tient compte du temps nécessaire pour obtenir les permis et pour la construction, nous devrons lancer le projet l'an prochain". Une nouvelle jetée est prévue plus tard, en 2035, qui prendra la place de l'actuel siège administratif circulaire de Brussels Airlines, dans l'ancien satellite de l'aéroport. "C'est le seul endroit où nous pourrons ajouter des accès à des avions", continue Arnaud Feist. Ce seconde nouvelle jetée pourrait constituer un terminal à part entière, avec sa salle de check-in et son système de bagage, car il est fort éloigné de l'actuelle zone des départs. "Rien n'est encore décidé, mais c'est une possibilité : soit une jetée supplémentaire, soit un terminal à part entière." Ce sera la dernière zone où il y a moyen d'installer une jetée. Pour augmenter la capacité après 2040, il faudra envisager une autre partie de la plaine d'aviation pour y installer un autre terminal.3. Une piste plus longue pour rassurer les riverains. La croissance entraînera une hausse du nombre de vols. Donc une utilisation plus intensive des pistes. Actuellement les trois pistes sont limitées par leur configuration à 74 mouvements par heures (décollages et atterrissages). Brussels Airport souhaite arriver à 93 mouvements/h en 2040. Pour y arriver, il a plusieurs solutions, dont une qui consiste à allonger la piste 25 gauche (située au sud) de 900 mètres vers l'est, et la voie taxi pour que les avions y accèdent. Cette option n'est pas justifiée par le besoin d'une piste plus longue pour les avions les plus lourds, mais pour faire décoller les avions 900 mètres plus loin de Bruxelles. Ce qui aurait pour conséquence une réduction du bruit des zones survolées. 4. Développer le centre d'affaires. Brussels Airport souhaite continuer à attirer des entreprises pour y installer leurs bureaux. Deloitte, KPMG et Microsoft vont bientôt s'y installer, fort près du tarmac, dans la zone de l'ancien terminal. D'autres bâtiments pourraient être construits dans l'espace qui se situe entre le viaduc d'accès à l'aéroport et les parkings. "Nous avons pas mal de demandes", dit Arnaud Feist. "L'intérêt est augmenté par la croissance du nombre de liaisons ferroviaires directes et la perspective, en 2020-2021, d'un tram De Lijn sur Bruxelles."Le projet prévoit aussi un développement de la zone de fret, Brucargo, qui remonte aux années 80' et est en rénovation. Avant d'être rendu public, ce Masterplan 2040 a été présenté aux politiques des différentes régions et au fédéral. Le grand argument mis en avant est l'emploi : Arnaud Feist estime que l'emploi direct et indirect, qui représente 60.000 personnes aujourd'hui, pourrait doubler d'ici 2040 et arriver 120.000 personnes.