Cela fait un petit temps déjà que l'on connaît la volonté du numéro deux néerlandais de la grande distribution de traverser la frontière et d'ouvrir des points de vente en Flandre. Ses plans sont train de se préciser. On apprenait ainsi la semaine dernière que Jumbo avait signé les contrats portant sur ses premiers emplacements belges, soit une dizaine de supermarchés que le distributeur batave souhaite ouvrir au nord du pays dès l'année prochaine. Une seule localisation a jusqu'ici été identifiée : dans un nouveau retail park à Bree, dans le Limbourg.
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Cela fait un petit temps déjà que l'on connaît la volonté du numéro deux néerlandais de la grande distribution de traverser la frontière et d'ouvrir des points de vente en Flandre. Ses plans sont train de se préciser. On apprenait ainsi la semaine dernière que Jumbo avait signé les contrats portant sur ses premiers emplacements belges, soit une dizaine de supermarchés que le distributeur batave souhaite ouvrir au nord du pays dès l'année prochaine. Une seule localisation a jusqu'ici été identifiée : dans un nouveau retail park à Bree, dans le Limbourg. Mais qui est donc ce nouvel acteur ? Basé à Veghel, dans le Brabant-Septentrional, Jumbo est un groupe familial fondé en 1921 par la famille van Eerd. Ces dernières années, il a racheté plusieurs chaînes de supermarchés et s'est notamment diversifié dans la restauration. Au gré de ces différentes fusions et acquisitions, son chiffre d'affaires est passé de 972 millions d'euros en 2006 à 7 milliards d'euros en 2017. Le distributeur exploite à ce jour 585 magasins aux Pays-Bas, ces derniers ayant réalisé au premier semestre un chiffre d'affaires de 3,9 milliards d'euros, en hausse de 3,8 % par rapport à la même période l'an dernier. Outre-Moerdijk, Jumbo détient une part de marché de 19,5 %, ce qui en fait le numéro 2 du secteur derrière le géant Ahold Delhaize et son enseigne phare Albert Heijn (35 % de parts de marché). Cette dernière avait fait ses premiers pas en Belgique en 2011, soit bien avant le rachat de Delhaize. Elle possède aujourd'hui une quarantaine de magasins en Flandre. " Jumbo aura sans doute été inspiré par le succès d'Albert Heijn, affirme Stefan Van Rompaey, rédacteur en chef du magazine spécialisé RetailDetail. Il aura pu constater que son concurrent n'avait pas dû adapter énormément son assortiment. Par ailleurs, d'autres acteurs, chez nous, ont récemment connu des difficultés : Carrefour, Makro, Delhaize. Cela crée des opportunités. " Comme Albert Heijn, Jumbo pourra livrer ses magasins depuis son centre de distribution situé aux Pays-Bas, et ainsi faire bénéficier les clients belges de ses prix néerlandais plus avantageux. Le marché étant complètement saturé et le gâteau plus extensible, l'arrivée de Jumbo se fera nécessairement au détriment d'autres joueurs, dont certains risquent de perdre des plumes. On a tendance à penser d'abord à Colruyt en raison du positionnement similaire des deux enseignes : elles garantissent toutes deux les prix les plus bas. Mais notre expert se veut plus nuancé. " Colruyt pratique des prix locaux et ne devra donc adapter que ceux dans ses magasins situés à proximité de points de vente Jumbo. Delhaize et Carrefour, eux, ont une politique de prix nationale. Quand ils les baissent, c'est dans tous leurs points de vente. Cela leur coûte beaucoup d'argent. " Un scénario circule dans le petit monde du retail : une possible fusion entre Jumbo et Colruyt. " En théorie, il s'agirait effectivement d'un très bon match, affirme Stefan Van Rompaey. Dans un marché qui se consolide, les deux acteurs sont trop petits pour rester indépendants indéfiniment. Un tel scénario permettrait à Colruyt d'entrer sur le marché néerlandais, ce qu'il cherche à faire depuis longtemps. Tout comme on a interprété l'arrivée d'Albert Heijn en 2011 comme une volonté de mettre la pression sur Delhaize pour forcer la fusion, on peut analyser l'irruption de Jumbo comme une manière de se présenter en tant que partenaire de fusion pour Colruyt. " Dans l'entretien qu'il nous accordait en début d'année, le COO du groupe de Hal, Frans Colruyt, bottait en tout cas en touche : " Je le lis moi aussi dans le presse, mais je ne peux rien dire de plus ".